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4ᵉ recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 4) : le mythe de Sisyphe Camerounais ? (OPINION)

Le quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4) continue de susciter des interrogations au Cameroun, alors que l’opération de dénombrement, lancée en mai, a une nouvelle fois été prolongée. Dans une tribune, Paul Mahel dénonce les lenteurs qui entourent ce vaste chantie...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelmardi 11 août 2026 à 14:26
4ᵉ recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 4) : le mythe de Sisyphe Camerounais ? (OPINION)
Le quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4) continue de susciter des interrogations au Cameroun, alors que l’opération de dénombrement, lancée en mai, a une nouvelle fois été prolongée. Dans une tribune, Paul Mahel dénonce les lenteurs qui entourent ce vaste chantier statistique et alerte sur leurs conséquences pour la planification du développement. Pour le journaliste Paul Mahel, connaître le nombre d’habitants, leur répartition, leur structure et leurs conditions de vie constitue un préalable à toute politique publique efficace. Le recensement ne saurait donc être réduit à un simple exercice de comptage, estime-t-il, puisqu’il fournit les données nécessaires à la programmation des infrastructures et à la répartition des ressources. Lire la tribune de Paul Mahel : « Connaître le nombre, la répartition, la structure et les conditions de vie de ses citoyens constitue la clef de voûte de toute gouvernance moderne. Un Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) n’est pas une simple formalité de comptage des individus ou un exercice démographique abstrait ; c’est la cartographie fondamentale sur laquelle s’appuie l’avenir d’une nation. Il sert à dimensionner les hôpitaux et les écoles, à répartir équitablement les ressources publiques entre les régions, les départements et les communes, à planifier l’énergie, à orienter les investissements publics et à actualiser la cartographie électorale. Sans données précises, un État navigue à vue, et est réduit à administrer les réalités d’aujourd’hui avec les chiffres d’hier. Pourtant, au Cameroun, la conduite de ce 4ᵉ recensement prend les traits d’une tragédie grecque. L’histoire du RGPH-4 est celle d’un interminable faux départ. Initié par décret présidentiel en 2015, le processus a d’abord stagné pendant près d’une décennie dans des phases préparatoires plombées par des contraintes budgétaires, des retards d’imagerie satellite et des ajustements stratégiques. Lorsqu’enfin la phase cruciale du dénombrement sur le terrain a été lancée en mai 2026, ce qui devait être une opération éclair de 35 jours s’est transformé en un véritable marathon administratif. Entre grèves des agents recenseurs pour impayés, défis sécuritaires et réticences des ménages, le calendrier a volé en éclats : d’abord prorogé au 31 juillet, puis tout récemment repoussé au 15 septembre 2026 par le Premier Ministre. À l’image de Sisyphe, condamné à rouler éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne pour le voir inexorablement redescendre, l’État camerounais semble condamné à répéter les mêmes efforts sans jamais parvenir à sceller l’opération. Chaque nouvel arrêté de prorogation est le bruit du rocher qui retombe au bas de la pente. À force d’accumuler les dysfonctionnements logistiques et financiers, l’effort collectif s’épuise et l’objectif s’éloigne. Cette incapacité à conclure le RGPH-4 dépasse le simple revers opérationnel : c’est un échec stratégique majeur pour nos politiques publiques. En continuant de planifier le développement du pays sur la base du dernier recensement remontant à 2005, nous bâtissons notre avenir sur des chiffres fantômes. Les écoles sont construites là où la jeunesse a bougé, les budgets municipaux sont déconnectés des réalités démographiques réelles et la justice sociale est fragilisée. Tant que le rocher du recensement ne sera pas définitivement ancré au sommet, les ambitions de développement du Cameroun resteront bâties sur les sables mouvants de l’incertitude. Par Paul Mahel »
Mis à jour 11 août
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