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77 PCA et 36 DG illégaux coûtent 40 milliards FCFA à l’État camerounais

Une enquête du Professeur Viviane Ondoua Biwole, spécialiste en gouvernance et politiques publiques, révèle que 77 présidents de conseil d’administration et 36 directeurs généraux exercent illégalement dans des entreprises publiques camerounaises, au-delà des durées fixées par les lois de 2017. L...

237onlinePar Laurent Dibymercredi 24 juin 2026 à 07:03
77 PCA et 36 DG illégaux coûtent 40 milliards FCFA à l’État camerounais
Une enquête du Professeur Viviane Ondoua Biwole, spécialiste en gouvernance et politiques publiques, révèle que 77 présidents de conseil d’administration et 36 directeurs généraux exercent illégalement dans des entreprises publiques camerounaises, au-delà des durées fixées par les lois de 2017. Le coût ? Environ 40 milliards de FCFA de pertes nettes pour le seul exercice 2022. Quatre sociétés sont en faillite technique, maintenues sous perfusion par l’argent public. Les chiffres d’une enquête qui dérange Sur 89 structures analysées, les résultats sont accablants. 77 présidents de conseil d’administration occupent leur poste au-delà de la durée légale. 36 directeurs généraux font de même, sans base juridique valable selon les lois camerounaises de 2017 sur les sociétés à capital public. Et quatre entreprises publiques se retrouvent en situation de faillite technique, non pas fermées, mais maintenues artificiellement grâce aux finances de l’État. C’est du gaspillage institutionnalisé. Les pertes nettes cumulées avoisinent 40 milliards de FCFA pour 2022 seulement. Un chiffre que le Pr Ondoua Biwole ne présente pas comme une estimation vague, mais comme le résultat d’une analyse documentée des comptes de ces structures. Elle relève que certains mandats ont expiré depuis plusieurs années sans que les autorités de tutelle n’engagent les procédures de renouvellement ou de remplacement prévues par les textes. Pourquoi ces mandats illégaux perdurent-ils malgré un cadre juridique pourtant clair ? La question reste sans réponse officielle. Aucun ministère de tutelle n’a réagi publiquement aux conclusions de cette recherche au moment où nous publions. Une gouvernance défaillante aux conséquences concrètes Le problème n’est pas seulement juridique. Quand un PCA ou un DG exerce sans mandat valide, les décisions qu’il prend peuvent être contestées, les contrats signés fragilisés, et la responsabilité de l’État engagée en cas de litige. C’est un risque juridique massif, en plus du gouffre financier déjà documenté. Les lois de 2017 sur la gouvernance des entreprises publiques camerounaises avaient justement été conçues pour corriger ce type de dérives. Elles fixent des durées de mandat précises, des procédures de renouvellement encadrées, des mécanismes de contrôle. Mais une loi sans application reste lettre morte. Ce que pointe l’enquête du Pr Ondoua Biwole, c’est moins un vide juridique qu’un déficit de volonté dans l’application des règles existantes. Les textes sont là. Les chiffres aussi. Ce qui manque, c’est l’acte. Les quatre entreprises en faillite technique représentent à elles seules un signal d’alarme que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer longtemps. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.
Mis à jour 24 juin
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