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8 000 plantes médicinales : le Cameroun veut transformer son trésor ancestral en industrie

La 24ᵉ édition de la journée africaine de la médecine traditionnelle vient de donner l’opportunité aux adeptes et aux praticiens de cette discipline dans la région du Sud de se mettre en exergue à travers plusieurs activités menées à l’esplanade de la Délégation régionale des Arts et de la Cultur...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Consty Zangdimanche 30 août 2026 à 12:101 vues
8 000 plantes médicinales : le Cameroun veut transformer son trésor ancestral en industrie
La 24ᵉ édition de la journée africaine de la médecine traditionnelle vient de donner l’opportunité aux adeptes et aux praticiens de cette discipline dans la région du Sud de se mettre en exergue à travers plusieurs activités menées à l’esplanade de la Délégation régionale des Arts et de la Culture du Sud. La cérémonie a été l’occasion de saluer les efforts consentis par les pouvoirs publics en faveur de la promotion de la médecine traditionnelle africaine. Partis des 29 arrondissements de la région du Sud, ils sont venus à Ebolowa pour saluer la reconnaissance, la place, l’importance et l’attention que les pouvoirs publics accordent à leur travail. La médecine traditionnelle africaine se positionne aujourd’hui comme une discipline alternative complémentaire à la médecine conventionnelle. La rencontre d’Ebolowa était donc une plateforme d’échanges d’expériences, de partage et de sensibilisation à travers les exposés thématiques déroulés, les conférences et les expositions des éléments constitutifs de cette discipline. Pour Monseigneur Docteur Joubert, Raphaël Mermoz Ella, le président national des tradi-thérapeutes du Cameroun, « l’appel lancé ici doit résonner comme un impératif, faire main dans la main. Finies les guerres intestines, finis les charlatans qui ternissent l’image de la corporation. Place à l’ordre, à la formation, à la traçabilité des remèdes, à la collaboration avec la médecine moderne« . Mieux structurer la filière Une mise en exergue des savoirs et savoir-faire des adeptes de cette pratique. À travers les discours de circonstance, les tradi-thérapeutes ont souhaité un accompagnement plus soutenu des sectorielles. Conscients du riche et varié potentiel du patrimoine ancestral, les médecins traditionnels ont décidé de structurer leur filière pour mieux se valoriser et transmettre l’héritage ancestral. D’après Paul Cantou Abenelang, le coordonnateur régional des tradi-thérapeutes de la région du Sud, « cet événement replace le tradipraticien au centre du système de santé, non comme un concurrent du médecin moderne, mais comme un partenaire complémentaire. Nous demandons donc à tous les médecins traditionnels de regarder désormais dans la même direction, de travailler en équipe dans la paix, en étroite collaboration« . Se mettre en ordre de bataille Pendant longtemps, la phytothérapie a été regardée avec un mélange de suspicion et de folklore. On la reléguait au rang de « médecine des pauvres ». Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale de la Santé et l’État du Cameroun reconnaissent que plus de 80 % de la population africaine a recours à la médecine traditionnelle pour ses soins de première nécessité. Le Cameroun, avec plus de huit mille plantes médicinales répertoriées, est une pharmacie à ciel ouvert. Un trésor que le monde entier nous envie. Le Cameroun tient ses guérisseurs, ses chercheurs, ses tradipraticiens qui, de génération en génération, ont gardé l’essence de la vie. Il s’agit de structurer, de former, de valoriser, de labelliser. Il s’agit de passer de l’informel à l’industrie. De la forêt au laboratoire. De la décoction artisanale au produit certifié exportable. La Région du Sud, cœur de la grande forêt équatoriale, est le conservatoire naturel de cette biodiversité. Il était logique que la lumière parte d’ici. Car l’avenir de la médecine camerounaise ne s’inventera pas sans ses racines. Selon Michel Mbarga, délégué départemental des Arts et de la Culture de la Mvila, représentant du délégué régional des Arts et de la Culture du Sud, « cette célébration est un facteur de sensibilisation des acteurs de ce secteur d’activité de la région du Sud. Les valeurs ancestrales de la médecine traditionnelle africaine constituent un patrimoine immatériel transmis de génération en génération. C’est donc un moyen de pérenniser les acquis« . Ebolowa, véritable conservatoire naturel de la biodiversité, vient de donner un avenir radieux à la médecine traditionnelle africaine.
Mis à jour Il y a 5j
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