À 62 ans, Adda Wanang passe son CEP à Maroua et émeut le Cameroun
Ce matin du 16 juin 2026, à l’École Publique de Founangué à Maroua, une femme de 62 ans s’est assise parmi des dizaines d’enfants pour passer le Certificat d’Études Primaires. Madame Adda Wanang, cheveux grisonnants et regard posé, est venue réclamer ce que la vie lui avait refusé des décennies p...
237onlinePar Alain-Claude Ndommercredi 17 juin 2026 à 20:40

Ce matin du 16 juin 2026, à l’École Publique de Founangué à Maroua, une femme de 62 ans s’est assise parmi des dizaines d’enfants pour passer le Certificat d’Études Primaires. Madame Adda Wanang, cheveux grisonnants et regard posé, est venue réclamer ce que la vie lui avait refusé des décennies plus tôt. Son histoire a traversé les réseaux sociaux camerounais en quelques heures. Ce qui s’est passé à Founangué ce matin-là Il est environ 7h30 quand elle entre dans la salle d’examen. Les jeunes candidats se retournent. Les surveillants marquent un temps d’arrêt. Ce n’est pas une mère venue accompagner son enfant. C’est une candidate. Ses doigts, marqués par les années, saisissent le stylo avec une application tranquille. Elle répond aux questions une par une, sans précipitation. Babayo, un enseignant du groupe scolaire présent ce jour-là, n’a pas caché son émotion : « Quand je l’ai vue entrer, j’ai eu les larmes aux yeux. Elle n’était pas là pour prouver quelque chose aux autres, mais à elle-même. C’est la plus belle leçon de vie que j’ai reçue en vingt ans de carrière. » Sur le terrain, des parents venus encourager leurs enfants sont restés figés. Quelques mères ont essuyé une larme. Un père a serré le poing, silencieusement, en signe d’admiration. Derrière ce geste simple se devine une histoire que l’on n’a pas besoin de connaître en détail pour comprendre. Combien de nuits à veiller ? Combien d’ambitions mises de côté pour tenir le foyer, élever les enfants, traverser les années ? On ne sait pas exactement quel parcours a été le sien. Mais ce mardi matin, c’était son tour. Ce que ça dit du Cameroun, et de l’éducation Certains diront qu’un CEP à 62 ans n’ouvre plus les mêmes portes professionnelles. Ils auront raté l’essentiel. Ce n’est pas un diplôme qu’Adda Wanang est venue chercher. C’est une réconciliation avec cette petite fille d’autrefois qui n’a pas eu sa chance. Le signal est fort, et il dépasse Maroua. Dans une région où les filles sont encore trop souvent retirées des bancs scolaires avant le secondaire, où l’âge est présenté comme une limite naturelle à l’apprentissage, une femme de 62 ans vient de démontrer le contraire par l’acte. Pas par un discours. Pas par une campagne. Par une copie d’examen. L’histoire a circulé rapidement sur les réseaux sociaux camerounais, saluée de Douala à Bafoussam, de Yaoundé à Ngaoundéré. Beaucoup y ont vu un rappel utile : l’éducation n’est pas réservée à la jeunesse, et les systèmes qui l’organisent ont tout intérêt à rester ouverts à tous les âges. Qu’importe le résultat de ses épreuves. Adda Wanang a déjà posé quelque chose d’irréversible dans l’imaginaire collectif de son pays. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 17 juin