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À la Une: le genou tout neuf de Paul Biya

À la Une: le genou tout neuf de Paul Biya Publié le : 27/08/2026 - 09:30 Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d’un peu plus de 70 jours. Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l’objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Qu’est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C’est du moins ce qu’affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S’il n’a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d’Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d’une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l’État camerounais a en effet bénéficié d’une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l’État ». Attentes et interrogations Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n’est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l’instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s’il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d’un certain nombre de faits, comme la non-formation d’un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l’éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l’exploitation de l’or au Cameroun. Autre fait qui suscite l’interrogation, poursuit l’éditorialiste camerounais, c’est l’absence de la nomination d’un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ». La guerre de succession Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l’intérim après la disparition du président. Et qui fait l’objet d’une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d’un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d’autant plus vital pour sa propre survie, qu’elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l’autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l’appelle en référence à l’ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd’hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d’avancer leurs pions pour s’approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l’entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s’égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ». NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI

RFI AfriquePar Frédéric Couteaujeudi 27 août 2026 à 07:301 vues
À la Une: le genou tout neuf de Paul Biya
À la Une: le genou tout neuf de Paul Biya Publié le : 27/08/2026 - 09:30 Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d’un peu plus de 70 jours. Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l’objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Qu’est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C’est du moins ce qu’affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S’il n’a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d’Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d’une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l’État camerounais a en effet bénéficié d’une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l’État ». Attentes et interrogations Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n’est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l’instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s’il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d’un certain nombre de faits, comme la non-formation d’un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l’éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l’exploitation de l’or au Cameroun. Autre fait qui suscite l’interrogation, poursuit l’éditorialiste camerounais, c’est l’absence de la nomination d’un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ». La guerre de succession Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l’intérim après la disparition du président. Et qui fait l’objet d’une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d’un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d’autant plus vital pour sa propre survie, qu’elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l’autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l’appelle en référence à l’ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd’hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d’avancer leurs pions pour s’approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l’entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s’égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ». NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
Mis à jour 27 août
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