À Lagos, l’Institut français connecte et amplifie les voix féminines de l’industrie musicale en Afrique
Du 23 au 30 juin 2026, des artistes et professionnels de la musique venus de diverses sous-régions du continent africain se sont réunis à Lagos au Nigeria, lors de la cinquième édition de Show Biz 101.…
rfi.frlundi 29 juin 2026 à 13:16

À Lagos, l’Institut français connecte et amplifie les voix féminines de l’industrie musicale en Afrique Du 23 au 30 juin 2026, des artistes et professionnels de la musique venus de diverses sous-régions du continent africain se sont réunis à Lagos au Nigeria, lors de la cinquième édition de Show Biz 101. Un salon professionnel participant du projet Africa Creative Sounds – Amplify Her, porté par le programme Création Africa de l’Institut français. Publié le : 29/06/2026 - 15:16 À Lekki, une ville proche de Lagos, les riverains de la Shaffi Sule Street ont forcément remarqué le mouvement incessant des SUV aux vitres fumées et le ballet des vidéastes et photographes, accompagnant les personnalités de la musique issues du continent africain. Dès le hall d’entrée d’une villa cossue de ce quartier résidentiel de la capitale économique du Nigeria, terre de l’afrobeats, on entend de la musique émaner de toutes les pièces. Elles portent des noms de studios relatifs aux partenaires de l’évènement. Dans le salon et les couloirs, on peut croiser Tamsir de la Côte d’Ivoire qui parle de direction artistique avec Axel Merryl du Bénin, lui qui sort d’un moment de création avec SatBi, artiste burundais et Rexxie, influent producteur de musique nigérian deux fois primé aux Grammy Awards. Installer des ponts En poussant des portes des cinq studios, on tombe sur une session d’enregistrement entre la chanteuse tanzanienne Phina, posant la voix sur une prod de son compatriote Foxxi, en collaboration avec les expérimentés Lami Phillips, rappeuse nigériane, et Ice Prince, un des pionniers de la scène afropop. Le son de la pièce voisine révèle une autre session entre la Burundaise Vania Ice et la Nigériane Qing Madi avec le Ghanéen Mix Master Garzi à la production. Bienvenue au camp créatif de la cinquième édition de « Show Biz 101 ». Ce salon musical vise à améliorer les conditions pour que derrière les succès de licornes comme Tems ou Rema, le show-business africain puisse profiter à tous ses acteurs, notamment les femmes : « pour cela, il est capital de bâtir des ponts, se mettre ensemble pour créer, sortir de la zone de confort national pour se connecter aux expériences d’autres pays du continent afin de mieux porter nos récits à l’échelle globale » souligne Victoria Remi Nkong, promotrice de cet évènement et du label Bridge Afric, spécialisé dans le management de talents et la production. Amplifier la création Son expérience dans la production des Kora Music Awards il y a presque 20 ans, l’a habituée à voir l’Afrique au-delà du succès de l’afrobeats nigérian et de ses géants. Son évènement est la deuxième étape du projet Africa Creative Sounds – Amplify Her, porté par le programme Creation Africa de l’Institut français, l’établissement public chargé de la politique culturelle française à l’étranger. Le but de ce financement est d’investir dans le développement des industries culturelles et créatives en Afrique, particulièrement dans la musique en mettant en valeur la diversité et l’innovation des productions, et surtout par la formation, l’accompagnement et l’autonomisation des femmes, dans une industrie musicale où elles sont souvent marginalisées. La première étape s’est déroulée au Cameroun en mai 2026, au salon MOFEAC (Mouvement des Femmes Entrepreneures dans les Arts et la Culture) porté par Paola Yoko, à travers son agence de marketing artistique, Level UP Corporation. La troisième étape quant à elle se déroulera à Accra au Ghana en juillet 2026 lors de l’African Creative Digital Academy organisé par Natasha Amanda Mann-Dedey via le laboratoire créatif Jambo Spaces. Présentes à Lagos, les trois entrepreneures culturelles se sont rencontrées en France, à Paris, en 2025 lors du marché MAMA Music & Convention. L’idée de mettre ce projet commun en place est né ensuite, à l’initiative de l’Institut français. « À Douala, on était concentrées sur la formation des femmes à la musique à l’image. À Lagos, le focus est sur le camp de création musicale, et Accra sera plus orienté sur la diffusion, pour restituer sur scène le résultat de ce parcours » nous explique Paola Yoko. Showbiz 101 s’est ouvert le 23 par une journée avec tapis rouge à l’Alliance française de Lagos, où des ateliers se sont tenus autour de sujets majeurs des industries créatives. Y sont intervenus des professionnels des relations publiques, de la distribution, du management, mais aussi des producteurs de musique comme le célèbre Mastakraft ou encore des personnalités du secteur audiovisuel comme le réalisateur Clarence Peters ou l’actrice et productrice ghanéenne Juliet Ibrahim. Une master class s’est tenue le 26 juin au bénéfice des femmes du secteur musical, notamment autour de la santé mentale. Plus de 50 chansons enregistrées en quatre jours En entrant plus tard dans le studio dénommé « Institut français » au sein de la villa, la session de création est intense entre des artistes bénéficiaires du programme ACS - Amplify Her, les chanteuses Asaba du Cameroun, Kaesa du Ghana et du Nigeria, Phina de la Tanzanie, mais aussi Dj RaJ du Tchad, la productrice de musique Buitu Melo de la Zambie. À leur groupe s’est joint Lami Philips, chanteuse et rappeuse nigériane. L’une de leurs trois chansons en gestation raconte une sortie entre filles, qui vont s’amuser sans demander la validation de personne. « Cela traduit aussi l’état mental porté par cet évènement. L’industrie musicale est un milieu très masculin, et on est fières de voir que les femmes prennent davantage leur place à table » nous indique la Ghanéenne Kaesa. Pour Asaba du Cameroun, « il n'y a rien de mieux que de croiser les cultures et réseauter, et Amplify Her est le cadre parfait pour valoriser le travail des femmes artistes ». Au bout de la semaine, pendant la session d’écoute des morceaux enregistrés, Victoria R. Nkong nous confie que plus de 50 chansons ont été créées durant le camp. De potentiels hits internationaux, portant surtout un message : One Africa, une seule Afrique ! NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
Mis à jour Il y a 5j