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À Maroua, Butterfly veut faire de l’autonomisation des femmes un levier de développement dans l’Extrême-Nord

Après cinq années d’activités à Yaoundé, Butterfly met le cap sur l’Extrême-Nord. L’association a lancé dimanche 9 août à Maroua la première édition de Talk Blossom, une initiative consacrée à l’entrepreneuriat, au leadership et à l’autonomisation économique des femmes. Le choix de Maroua n’est p...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelmercredi 12 août 2026 à 22:09
À Maroua, Butterfly veut faire de l’autonomisation des femmes un levier de développement dans l’Extrême-Nord
Après cinq années d’activités à Yaoundé, Butterfly met le cap sur l’Extrême-Nord. L’association a lancé dimanche 9 août à Maroua la première édition de Talk Blossom, une initiative consacrée à l’entrepreneuriat, au leadership et à l’autonomisation économique des femmes. Le choix de Maroua n’est pas anodin. Dans cette partie du pays, où les femmes jouent un rôle central dans les activités commerciales, agricoles et artisanales, l’accès aux financements, aux réseaux professionnels et aux compétences de gestion demeure un enjeu majeur. Butterfly entend désormais agir sur ces leviers, en faisant de l’accompagnement plutôt que de la seule sensibilisation le cœur de son intervention. « Après avoir lancé Butterfly à Yaoundé, il était temps de retourner au bercail pour m’engager auprès des femmes du septentrion », explique Khadidja Yazid, présidente fondatrice de l’association. « Ici, mon action prend tout son sens au regard des défis, mais surtout des nombreux potentiels qui existent. » souligne t-elle. De la sensibilisation à l’autonomisation économique Créée il y a cinq ans, Butterfly affirme avoir déjà sensibilisé et accompagné plus de 600 femmes et jeunes filles, notamment sur les questions de santé et de bien-être. Avec son implantation dans l’Extrême-Nord, l’association souhaite élargir cette expérience vers des problématiques directement liées à l’indépendance économique. Talk Blossom doit ainsi proposer des espaces de formation et d’échange autour de la gestion, des finances, du développement personnel et de l’entrepreneuriat. L’ambition est également de permettre aux participantes de mieux structurer leurs activités et de développer des connexions susceptibles de leur ouvrir de nouveaux marchés et opportunités. Le changement de vocabulaire traduit aussi une évolution de positionnement. Il ne s’agit plus seulement de considérer les femmes comme des bénéficiaires de programmes sociaux, mais comme des agentes économiques capables de créer de la valeur dans leurs territoires. « Au-delà des bénéficiaires de programmes, elles sont entrepreneures, productrices, créatrices de valeur et actrices du développement de leur territoire », précise Khadidja Yazid. « Blossom » pour faire émerger les potentiels locaux Le nom de l’initiative — Blossom, qui signifie « éclore » ou « fleurir » en anglais — résume la philosophie revendiquée par Butterfly : permettre aux femmes de développer leurs capacités sans perdre leur ancrage territorial. Le projet était en préparation depuis plus de deux ans. Son lancement à Maroua marque donc moins une opération ponctuelle qu’une volonté d’inscrire l’action de l’association dans la durée. Pour Butterfly, l’enjeu est aussi de contribuer à modifier les représentations associées aux femmes de l’Extrême-Nord. L’association veut mettre en avant des parcours de femmes entrepreneures, productrices et dirigeantes, dans une région souvent présentée à travers ses vulnérabilités plutôt qu’à travers ses capacités de création et de résilience économique. Une initiative inscrite dans un programme plus large L’implantation de Butterfly dans le Septentrion intervient dans le cadre du programme FEF – Pratiques démocratiques endogènes / Tiers-Lieux Femmes, consacré à l’autonomisation des filles et des femmes dans plusieurs régions du Cameroun, dont l’Extrême-Nord. Le programme est mis en œuvre par le think tank camerounais The Okwelians, avec le soutien de l’Ambassade de France au Cameroun. Il entend promouvoir, à partir d’initiatives locales, de nouvelles formes de gouvernance et de participation au développement des territoires.
Mis à jour 13 août
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