Affaire Martinez Zogo : ce que le téléphone de la victime a révélé
Le téléphone de Martinez Zogo parle. Lundi au Tribunal militaire de Yaoundé, le Dr Jean-Pierre Oloumou, expert judiciaire en cybercriminalité, a livré quatre constats qui ont retenu toute l’attention de la salle. Dont un, particulièrement, qui change le regard sur plusieurs accusés. Et sur ce que...
237onlinePar Alain-Claude Ndommercredi 24 juin 2026 à 22:14

Le téléphone de Martinez Zogo parle. Lundi au Tribunal militaire de Yaoundé, le Dr Jean-Pierre Oloumou, expert judiciaire en cybercriminalité, a livré quatre constats qui ont retenu toute l’attention de la salle. Dont un, particulièrement, qui change le regard sur plusieurs accusés. Et sur ce que la victime savait, ou craignait, dans les heures précédant son enlèvement. Quatre constats qui pèsent lourd à l’audience C’est le colonel Cerlin Belinga, commissaire du gouvernement, qui a posé la question directement : quels constats précis après l’exploration des téléphones des accusés ? Le Dr Oloumou, 33e témoin de l’accusation, a répondu sans détour devant le président du Tribunal, le colonel Jacques Missé Njone. Premier constat : les appareils d’Amougou Belinga et Bruno Bidjang ne contiennent aucun lien établi avec l’assassinat de Martinez Zogo. Deuxième constat, qui a quand même fait réagir dans la salle : M. Eko Eko serait étranger à cette affaire selon l’analyse. Il aurait simplement participé à l’interpellation de collaborateurs à la demande du Sed, et ouvert une enquête en interne. Troisième constat : les téléphones saisis chez Justin Danwe ont subi des traitements qui les ont rendus inexploitables. Totalement. Le quatrième constat concerne le téléphone de la victime. C’est là que les choses deviennent précises, presque glaçantes. Le Dr Oloumou affirme qu’Amougou Belinga était cité comme quelqu’un que Martinez Zogo tenait responsable de son séjour en prison. Deux personnes, Ayissi Chantal et Nyassa Soleil, lui auraient demandé d’arrêter une campagne médiatique qu’elles jugeaient non fondée. Le 17 janvier 2023, jour de l’enlèvement, le témoin est formel : à 17h56, au parking de son lieu de travail, Martinez Zogo a rencontré un certain Bill Marie Jiji alias Sidoine Olivier Biloa Nkolo. À 19h41, depuis son téléphone, il a appelé un certain Savom. Une demande d’expertise rejetée, et une tension palpable La défense voulait aller plus loin. Me Kenmoé, avocat des ayants-droit du défunt, soutenu par Me Claude Assira, avocat de l’État du Cameroun/DGRE, avait introduit une demande d’expertise complémentaire pour soumettre tous les téléphones des accusés non encore expertisés à un scanner. Objectif : clarifier les rôles de chacun. Le tribunal a rejeté cette demande, la jugeant tardive. La défense a insisté. Un avocat de la partie adverse a tranché : « Qu’est-ce qu’on va encore expertiser ? Si on vient nous dire ce qu’on sait déjà, on sera dans une logique de perte de temps. » Difficile de ne pas y voir une tension croissante entre les parties sur ce que les téléphones pourraient encore révéler, ou pas. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 25 juin