Cameroun: au procès sur la mort de Martinez Zogo, le principal enquêteur met en cause l’ex-chef des renseignements
Au Cameroun, nouvelles audiences ces 31 août et 1er septembre 2026 dans le procès de l'affaire Martinez Zogo, du nom de cet animateur retrouvé mort en janvier 2023 en banlieue de Yaoundé. Lundi, le colonel Otoulou, principal enquêteur et commandant de la légion de gendarmerie de la région du Cent...
RFI AfriquePar RFImardi 1 septembre 2026 à 02:351 vues

Cameroun: au procès sur la mort de Martinez Zogo, le principal enquêteur met en cause l’ex-chef des renseignements Au Cameroun, nouvelles audiences ces 31 août et 1er septembre 2026 dans le procès de l'affaire Martinez Zogo, du nom de cet animateur retrouvé mort en janvier 2023 en banlieue de Yaoundé. Lundi, le colonel Otoulou, principal enquêteur et commandant de la légion de gendarmerie de la région du Centre au moment des faits, a affirmé que plusieurs indices laissent penser que Léopold Maxime Eko Eko, alors patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), était au courant de l’opération ayant conduit à l'enlèvement puis à l’assassinat de Martinez Zogo. Des allégations contestées par les avocats de l'ancien chef de la DGRE. Publié le : 01/09/2026 - 04:35Modifié le : 01/09/2026 - 12:58 Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena Parmi ces indices, le colonel Otoulou cite la déclaration de Maxime Eko Eko lui-même, qui a orienté les enquêteurs vers l’homme d’affaires Amougou Belinga, l’un des principaux accusés. Autre élément : entre le moment de l’enlèvement et celui du signalement de la disparition de Martinez Zogo, et jusqu’à l’interpellation de Justin Danwe, directeur des opérations à la DGRE à l’époque des faits, le service de renseignement n’a ouvert aucune enquête interne. Le colonel Otoulou mentionne également un rapport d’expertise selon lequel Maxime Eko Eko n’a remis que trois téléphones sur les dix qu’il déclarait posséder. Certains auraient cessé d’émettre après l’arrestation de Justin Danwe. Autant d’éléments que la partie civile juge suffisants pour attirer l’attention du tribunal. « Comme le témoin l’a dit, tout ceci constitue des indices qui tendent à conclure qu’il était forcément au courant », estime Maître Calvin Job. « Et il n’a pas fait ce qu’il fallait faire pour empêcher que ça aille jusqu’au bout. » À lire aussiCameroun: nouvelle audience dans le procès de l'affaire Martinez Zogo, deux nouveaux témoins entendus Le patron de la DGRE n'aurait « jamais été au courant » Les conseils de Maxime Eko Eko, eux, restent formels : hormis les déclarations de Justin Danwe, patron du commando accusé d’avoir torturé et tué Martinez Zogo, il n’existe, selon eux, aucune preuve probante, testimoniale ou numérique établissant que Maxime Eko Eko, alors patron de la DGRE, ait donné l’ordre. « Il n’a jamais, n’a jamais été au courant », affirme Maître Hosanna Ndjana Ndjana. « C’est pour ça qu’on lui a demandé : "quels indices avez-vous en dehors de la déclaration de Danwe qui est fluctuante ?" » « Le 29, il commence avec des questions incitatives : “Vous dites que vous avez agi sur ordre...” et poursuit en faisant référence à l’audition du 27. La hiérarchie n’est pas là. » L’audience a aussi été marquée par l’affectation du lieutenant-colonel Cerlin Belinga, commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, qui prendra prochainement fonction comme vice-président du tribunal militaire de Garoua. Jusqu'ici, il pilotait le dossier de l’accusation dans cette affaire Zogo. Retour sur l'affaire Martinez Zogo Le 22 janvier 2023, au matin, les Camerounais apprennent la découverte du corps sans vie de Martinez Zogo - Arsène Salomon Mbani Zogo de son vrai nom -, animateur d’une émission de radio très populaire à Yaoundé. Il avait 51 ans et laissait derrière lui une femme et des enfants. Tous les matins, en semaine, dans son émission « Embouteillages », il invectivait, dénonçait, vitupérait contre les maux de la société camerounaise et contre les puissants, à l’exception du président, Paul Biya, qu’il encensait. Enlevé le 17 janvier, dans la soirée, il est retrouvé sans vie, nu sur un terrain à 25 kilomètres environ de la capitale, portant des traces de sévices. En fermant l’information judiciaire, le colonel-magistrat Pierrot Narcisse Nzie, troisième juge d’instruction militaire en charge de l’enquête, a renvoyé en instance de jugement 17 accusés, tous détenus. Parmi eux : l’ancien patron de la DGRE (le service de contre-espionnage camerounais) Léopold Maxime Eko Eko, le lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien directeur des opérations à la DGRE, le patron du groupe de presse l’Anecdote Jean-Pierre Amougou Belinga, et l’édile Stéphane Martin Savom, cadre administratif et maire de Bibey, commune de la région Centre du Cameroun. Resté longtemps enlisé dans des questions de procédure, le procès pour assassinat, torture, enlèvement et séquestration de l'affaire Martinez Zogo s’est ouvert le lundi 25 mars 2024 au tribunal militaire de Yaoundé. Les débats sur le fonds ont commencé le 1er septembre 2025. NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
Mis à jour Il y a 4j