Affaire Martinez Zogo : le 36e témoin accuse Martin Savom
Le Lieutenant-colonel Parfait Ayissi a lâché la phrase que le procès attendait peut-être sans l’avouer : Martin Savom, co-accusé, aurait « réceptionné » Martinez Zogo à Yaoundé après sa torture à Ebogo, avant de l’achever. Interrogé mardi soir par Me Ashu, avocat de la partie civile, le 36e témoi...
237onlinePar Alain-Claude Ndomjeudi 29 octobre 2026 à 19:051 vues

Le Lieutenant-colonel Parfait Ayissi a lâché la phrase que le procès attendait peut-être sans l’avouer : Martin Savom, co-accusé, aurait « réceptionné » Martinez Zogo à Yaoundé après sa torture à Ebogo, avant de l’achever. Interrogé mardi soir par Me Ashu, avocat de la partie civile, le 36e témoin désigne Savom comme principal responsable des faits. C’est l’accusation la plus frontale depuis l’ouverture du procès. Les téléphones, pièce centrale de la démonstration Ayissi s’appuie surtout sur les deux téléphones de la victime. Saisis par le poste de gendarmerie de Nkolnkondi juste après l’enlèvement, ils ont été remis au colonel Otoulou, puis au lieutenant-colonel Bialo, enquêteurs. Selon le témoin, ils bornaient à l’intérieur du camp de la gendarmerie. Mais la suite est plus lourde. À la demande de localisation formulée à Bialo, on ne lui aurait présenté qu’un seul téléphone, jugé « sans intérêt ». L’autre serait « à la police ». Les derniers appels de Martinez Zogo, assure l’officier, étaient dirigés vers Martin Savom. Il y voit une anomalie : « L’exploitation de l’historique ne demande pas de réquisition. Comment Bialo et Otoulou n’ont-ils pas vu qui a appelé la victime après son enlèvement ? Comment Savom a-t-il été ménagé jusqu’au stade de l’information judiciaire ? » Sur le corps, le témoin s’appuie sur le rapport du médecin légiste : Martinez Zogo n’est pas mort là où on l’a découvert. Il y a été déposé quelques heures avant, après strangulation. Les militaires du commando n’ont jamais dit avoir réceptionné le corps. « Comment les accuse-t-on d’assassinat ? », poursuit-il. La défense de Savom écoute, sans réagir à ce stade. Sur le terrain, et dans les réseaux Le lieutenant-colonel Ayissi évoque aussi une descente sur le terrain le 11 février 2023. Le caporal-chef Sylvain Bakaïwe y montre la position exacte du corps, identique à celle de la découverte, alors que l’adjudant-chef Ebo’o, accusé, affirme l’avoir laissé assis et parlant à Ebogo. Pour lui, il fallait l’aide de tortionnaires pour retrouver le lieu exact : preuve d’un sous-groupe ayant ramené la victime à Yaoundé. Il a enfin parlé d’une coupure d’Internet, confirmée, dit-il, par une lettre du Dg de l’Antic du 8 février 2023, concernant les téléphones du commando, et de réponses « fausses » des opérateurs MTN et Orange. Difficile de ne pas y voir un procès où chaque détail technique pèse lourd. « Je n’ai pas eu le temps de rassembler toutes les preuves, mais si le tribunal suit mon hypothèse, qui est celle de Martin Savom, je doute qu’on tombe sur quelqu’un d’autre », a-t-il conclu avant la suspension d’audience. La cross-examination de la partie civile s’est poursuivie hier avec Me Calvin Job, conseil des ayants-droit de Martinez Zogo. Renvoi de la cause aux 16 et 17 novembre prochains. La défense de Savom devra répondre, et on ne sait pas encore comment. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour Il y a 5j