Affaire Tawamba-Baboke : un journaliste prédit une lourde défaite à l’épouse du directeur adjoint du cabinet civil
Benjamin Zebaze ne croit pas que l’affaire foncière opposant Célestin Tawamba à Crescence Baboke se terminera nécessairement à l’avantage de cette dernière. Dans une sortie particulièrement virulente, le journaliste camerounais s’interroge sur les interventions du ministère des Domaines, du Cadas...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZmardi 20 octobre 2026 à 11:52

Benjamin Zebaze ne croit pas que l’affaire foncière opposant Célestin Tawamba à Crescence Baboke se terminera nécessairement à l’avantage de cette dernière. Dans une sortie particulièrement virulente, le journaliste camerounais s’interroge sur les interventions du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières dans ce dossier et met en garde contre les conséquences d’une remise en cause des titres fonciers. « Mme Baboke peut gagner la bataille, mais elle perdra sûrement la guerre » Le ministre Eyebe Ayissi également mis en cause Au cœur du différend figure une parcelle située à Mfandena, à Yaoundé, sur laquelle les deux parties revendiquent des droits. Une société civile immobilière liée à Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), fait valoir un titre foncier antérieur à l’attribution administrative dont Crescence Baboke a bénéficié. Pour Benjamin Zebaze, le statut des protagonistes rend cette affaire particulièrement révélatrice des rapports entre pouvoir politique, administration foncière et propriété privée. « Si on fait ça au patron des patrons, l’un des plus grands industriels du pays avec des ramifications partout dans le monde, qu’en est-il du citoyen lambda ? », s’interroge-t-il. « Mme Baboke peut gagner la bataille, mais elle perdra sûrement la guerre » Le journaliste réserve ses critiques les plus sévères à Crescence Baboke, épouse d’un haut responsable de la présidence de la République. Il considère que sa proximité familiale avec le pouvoir pourrait devenir un handicap si les équilibres politiques venaient à changer. « Tout individu moyennement intelligent et appartenant à ce régime […] se ferait très discret en ces temps incertains », écrit-il, dans une attaque qui relève de son appréciation personnelle. Benjamin Zebaze présente surtout Célestin Tawamba comme un adversaire déterminé, disposant de ressources économiques et d’une implantation professionnelle qui dépassent les rapports de force politiques immédiats. « Qui connaît Célestin Tawamba sait que Mme Baboke a tiré la mauvaise carte car il ne se laissera pas faire », affirme-t-il. Puis vient la formule centrale de sa tribune : « Mme Baboke peut gagner la “bataille” mais elle perdra sûrement “la guerre” car le temps ne joue pas en sa faveur. » Le ministre Eyebe Ayissi également mis en cause Au-delà de Crescence Baboke, Benjamin Zebaze dirige ses critiques contre le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi. Le dossier Tawamba-Baboke présente effectivement une succession de décisions administratives contradictoires. Une attribution provisoire d’environ 487 m² avait été accordée à Crescence Baboke en avril 2021. En février 2024, le ministère avait retiré cette attribution en raison de l’existence d’un titre foncier antérieur revendiqué par la société liée à Célestin Tawamba. Une nouvelle décision ministérielle intervenue en septembre 2026 est ensuite venue relancer le différend autour de la validité de ce titre. Pour Benjamin Zebaze, cette instabilité administrative pose une question qui dépasse largement les intérêts des deux protagonistes : quelle sécurité juridique reste-t-il aux propriétaires lorsque des décisions ministérielles successives remettent en cause des droits fonciers ? « Que devient le caractère sacré du titre foncier si […] on peut l’annuler sans autre forme de procès ? », s’indigne-t-il. Le journaliste évoque également d’autres différends fonciers, notamment celui de l’artiste Vatis Siwani et un dossier situé à Baleng, dans le groupement Bafou. Il accuse le ministère de multiplier les décisions susceptibles d’aggraver les conflits autour de la propriété. La tribune se termine sur une mise en garde au ton particulièrement sévère. « Les Camerounais sont des “créanciers très patients” ; quand l’échéance arrive, ils sont intraitables envers leurs débiteurs », écrit Benjamin Zebaze.
Mis à jour 20 oct.