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Afrique centrale : plus de 250 tonnes de produits médicaux saisies en cinq ans

Entre 2020 et 2025, plus de 251 tonnes de produits médicaux ont été saisies au Cameroun, au Congo, au Gabon, en République centrafricaine et au Tchad, selon un rapport réalisé par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en collaboration avec l’Organisation mondiale de la ...

Accueil - Tchadinfos — feedPar Toguyallah Mbogueriennejeudi 8 octobre 2026 à 08:301 vues
Afrique centrale : plus de 250 tonnes de produits médicaux saisies en cinq ans
Entre 2020 et 2025, plus de 251 tonnes de produits médicaux ont été saisies au Cameroun, au Congo, au Gabon, en République centrafricaine et au Tchad, selon un rapport réalisé par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), Antibiotiques, antipaludéens, anti-inflammatoires, antidouleurs, mais aussi opioïdes et substances psychoactives. Le trafic de produits médicaux prend une ampleur préoccupante en Afrique centrale. Selon un rapport réalisé par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), 251 tonnes de produits médicaux ont été saisies entre 2020 et 2025 dans cinq pays de la sous-région. Les volumes interceptés sont en nette progression. Ils sont passés d’environ 5 tonnes en 2020 à près de 116 tonnes en 2024, avant de dépasser 97 tonnes en 2025. Le Cameroun concentre une part importante des saisies. Quelque 96 tonnes de produits médicaux y ont été interceptées en 2025, contre environ 2,5 tonnes cinq ans auparavant. Mais aucun des pays concernés n’échappe au phénomène. Les produits saisis vont des médicaments couramment utilisés, comme les antibiotiques et les antipaludéens, à des substances présentant des risques importants d’usage détourné, notamment le tramadol et la prégabaline. Derrière ces saisies se trouve un marché alimenté par plusieurs facteurs, dont les difficultés d’accès aux soins, le coût des médicaments et l’éloignement des structures sanitaires. Lire aussi : Journée mondiale des pharmaciens : l’ONPT appelle à mettre fin à la vente illicite de médicaments Dans une région où le paludisme, la tuberculose et le VIH demeurent très présents, les systèmes de santé ne parviennent pas toujours à répondre aux besoins des populations. En 2023, l’indice de couverture sanitaire universelle de l’OMS plaçait les six pays de la CEMAC parmi les pays les moins bien couverts au monde. Le Tchad affichait un score de 26 sur 100, contre une moyenne mondiale de 71. La distance constitue également un obstacle majeur. En République centrafricaine et au Tchad, plus de la moitié de la population vivait, selon les données citées dans le rapport, à plus de deux heures d’un hôpital public disposant de services d’urgence. À cela s’ajoute le coût des traitements. Au Tchad, une seringue préremplie d’insuline pouvait représenter près de 16 jours de salaire pour les fonctionnaires les moins rémunérés. Dans ce contexte, les vendeurs de rue peuvent devenir, pour certaines populations, une solution de proximité. En République centrafricaine, certains consommateurs déclarent ainsi pouvoir acheter un ou deux comprimés dans la rue pour environ 100 francs CFA, plutôt que de devoir acheter une boîte entière en pharmacie. Le trafic ne se limite toutefois pas aux vendeurs de rue. Selon le rapport, les circuits légaux peuvent eux aussi être touchés. Entre 2013 et 2025, le système de surveillance de l’OMS a recensé 228 incidents liés à des produits médicaux dans la CEMAC. Parmi eux, 71 % ont été classés comme produits falsifiés et 11 % comme produits de qualité inférieure. Plus préoccupant encore, environ un tiers des incidents ont été détectés dans des chaînes d’approvisionnement réglementées. En avril 2025, l’OMS avait notamment alerté le Cameroun et la République centrafricaine sur la présence de faux lots d’amoxicilline dépourvus du principe actif annoncé. En septembre 2026, les autorités camerounaises ont également annoncé la saisie, à Yaoundé, de plusieurs milliers de cartons contenant notamment de faux médicaments, des emballages destinés au reconditionnement et des psychotropes. Lire aussi : Lutte contre la contrefaçon des médicaments : le Tchad adhère à la Convention Médicrime de l’Union européenne Le trafic s’appuie sur les principales voies commerciales de la région. Les ports d’Apapa au Nigeria et de Douala au Cameroun, ainsi que les ports fluviaux de Brazzaville et Bangui, figurent parmi les portes d’entrée identifiées. Les réseaux utilisent également les voies aériennes. Entre 2020 et 2025, 7,3 tonnes de produits médicaux ont été saisies dans les aéroports de la CEMAC. La chaîne du trafic implique par ailleurs des acteurs très différents, fabricants clandestins, grossistes, vendeurs informels, passeurs, professionnels de santé, agents publics corrompus ou encore vendeurs opérant en ligne. Des groupes armés peuvent également intervenir, notamment à travers le pillage de centres de santé, la revente de médicaments ou l’imposition de taxes sur les convois circulant dans les zones qu’ils contrôlent. Lire aussi : L’ONUDC lance l’alerte sur la qualité des médicaments dans les pays du Sahel Au-delà des pertes économiques, le phénomène représente surtout un risque sanitaire. Des médicaments falsifiés, inefficaces ou mal dosés peuvent provoquer des intoxications, des échecs thérapeutiques et, dans les cas les plus graves, des décès. Ils peuvent également contribuer à l’aggravation de la résistance aux antimicrobiens. L’ONUDC rappelle notamment qu’en 2023, douze enfants sont morts au Cameroun après avoir consommé un sirop pédiatrique contenant des excipients contaminés. Face à cette situation, les auteurs du rapport recommandent une réponse qui ne repose pas uniquement sur la répression. L’harmonisation des législations, le renforcement des contrôles et la coopération entre les pays doivent être accompagnés d’un meilleur accès à des médicaments sûrs et abordables. Car derrière les saisies et les réseaux clandestins se trouve une réalité structurelle : tant que les populations resteront confrontées à la distance, au coût élevé des traitements et aux difficultés d’accès aux médicaments, les circuits illicites conserveront un marché potentiel important.
Mis à jour 8 oct.
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