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Ananie Rabier Bindji, celui qui racontait l’histoire du Cameroun

Enfant du marché des chèvres devenu voix de la mémoire nationale, Ananie Rabier Bindji est mort ce lundi 24 août 2026 à Bonaberi, des suites d’une longue maladie. Il y a quelques semaines, une rumeur annonçait déjà son décès. Cette fois, c’est bien réel. Et derrière cette disparition, c’est tout ...

237onlinePar Alain-Claude Ndomlundi 24 août 2026 à 18:37
Ananie Rabier Bindji, celui qui racontait l’histoire du Cameroun
Enfant du marché des chèvres devenu voix de la mémoire nationale, Ananie Rabier Bindji est mort ce lundi 24 août 2026 à Bonaberi, des suites d’une longue maladie. Il y a quelques semaines, une rumeur annonçait déjà son décès. Cette fois, c’est bien réel. Et derrière cette disparition, c’est tout un pan de l’histoire orale du Cameroun qui perd son gardien. L’enfant de la rue qui devint une bibliothèque vivante Né à Douala au début des années 1940, Bindji venait d’une famille où, selon ses propres mots, on avait dépassé le cap de la pauvreté pour arriver à celui de la misère. Il fut le septième enfant, et le seul survivant, d’une mère qui avait vu partir tous les autres. Grandi au marché central, au marché des chèvres, il se qualifiait lui-même, sans fard, d’enfant de la rue. Le genre de détail qu’on n’invente pas. De cette rue, pourtant, il fit un tremplin. Le Collège Libermann d’abord, cette pépinière d’élites camerounaises. L’école militaire de Brazzaville ensuite, embarqué sur le bateau Jean Mermoz en 1956. Puis la France, et l’EFAP, qui transforma l’ancien militaire en homme de plume. Jeune Afrique enfin, à une époque où l’on comptait à peine une vingtaine d’Africains dans la presse internationale. Il en fut, pendant trente ans, sa signature courant de Jeune Afrique à Africa International, d’Afrique-Asie aux chroniques historiques du Cameroun. Le dimanche soir où le Cameroun s’asseyait pour écouter C’est à la télévision, chaque dimanche soir sur Canal 2 International, que Bindji accomplit son œuvre la plus remarquable. La Tribune de l’Histoire fut un rendez-vous, presque un sacrement laïc. Une première dans les médias au Cameroun. Il exhumait les pans occultés de l’histoire du pays et de l’Afrique. Il convoquait les témoins de la décolonisation et des premières années de l’indépendance. Il tendait le micro à ceux qui avaient vu, touché, vécu. Sa mémoire d’éléphant, cette expression revenait sans cesse dans la bouche de ceux qui le connaissaient, faisait de lui une archive vivante. Certaines de ses émissions ont suscité des controverses. Il fut à la fois témoin et narrateur de sa propre époque. Difficile de ne pas y voir un homme qui a aidé les Camerounais à se réconcilier avec leur histoire. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 24 août
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