Ange Ebogo Emerent, un an après : quand le Bikutsi rencontrait le makossa
« Ange Ebogo était un patriarche du Bikutsi, mais il savait aussi chanter le Makossa. On l’a vu, lors de certaines cérémonies, reprendre des titres de […]
ActuCamerounPar Armand Djaleusamedi 29 août 2026 à 08:57

Le 𝟮𝟴 𝗮𝗼𝘂̂𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟱, Ange Ebogo Emerent s’éteignait à 72 ans. Il laissait plus d’un demi-siècle de musique et ce timbre singulier, cette 𝘃𝗼𝗶𝘅 𝗱’𝗮𝗻𝗴𝗲 qui lui avait valu son surnom auprès de musiciens zaïrois. Sur scène, il appelait ses musiciens par leur nom, les poussait à jouer et leur laissait leur moment de lumière. Avec 𝗦𝗶𝘁𝗮 𝗠𝗲𝗻𝗴𝘂𝗲, 𝗢𝗸𝗼𝗻 𝗠𝗮𝗸𝗼𝗻 ou 𝗦𝗼𝗴𝗼𝗹𝗼 𝗠𝗼𝗻, il faisait danser tout en parlant de la famille, du couple, des responsabilités et du quotidien. Son héritage porte aussi un nom : 𝗢𝘇𝗶𝗺𝗮. Plus qu’un orchestre, une école où passa notamment 𝗭𝗮𝗻𝘇𝗶𝗯𝗮𝗿, avant les Têtes Brûlées. Son fils 𝗧𝗼𝗻𝘁𝗼𝗻 𝗘𝗯𝗼𝗴𝗼 prolonge cette filiation. Chez Ebogo, transmettre faisait partie du métier. Il savait ce qu’il devait aux anciens, de 𝗠𝗲𝘀𝘀𝗶 𝗠𝗮𝗿𝘁𝗶𝗻 à 𝗡𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗘𝘆𝗼𝘂𝗺 et 𝗔𝗻𝗻𝗲-𝗠𝗮𝗿𝗶𝗲 𝗡𝘇𝗶𝗲́. Puis il était devenu à son tour ce « papa » vers lequel les plus jeunes se tournaient. Il défendait aussi les 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁𝘀 𝗱’𝗮𝘂𝘁𝗲𝘂𝗿 et la possibilité pour les artistes de vivre de leur travail. Le temps avait changé sa silhouette, de l’afro des jeunes années aux cheveux et à la barbe blanchis du patriarche. Dans ses dernières années, il était revenu au 𝗴𝗼𝘀𝗽𝗲𝗹, comme un retour à la chorale de son enfance. Avant la musique, Ange Ebogo avait été formé à la 𝗺𝗲𝗻𝘂𝗶𝘀𝗲𝗿𝗶𝗲. L’image lui va bien : toute sa vie, il aura construit — des chansons, des musiciens, une école.
Mis à jour Il y a 6j