Au Cameroun, « l’innovation est plus visible dans le secteur de l’alcool », déplore le Dr Albert Ze
Le Dr Albert Ze ne décolère pas. Connu pour ses prises de position critiques sur la politique sanitaire camerounaise, le chercheur s’attaque cette fois à l’industrie brassicole. Dans une publication sur Facebook, samedi 11 octobre 2026, le spécialiste de l’économie de la santé s’étonne de la fréq...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZlundi 12 octobre 2026 à 13:46

Le Dr Albert Ze ne décolère pas. Connu pour ses prises de position critiques sur la politique sanitaire camerounaise, le chercheur s’attaque cette fois à l’industrie brassicole. Dans une publication sur Facebook, samedi 11 octobre 2026, le spécialiste de l’économie de la santé s’étonne de la fréquence avec laquelle de nouvelles marques de bière apparaissent sur le marché national. « Tu te lèves le matin au Cameroun et tu constates l’apparition d’une nouvelle bière. Quel est donc ce pays où l’innovation est la plus visible dans le secteur de l’alcool ? », s’interroge-t-il. Le 9 octobre, Boissons du Cameroun a présenté à Douala sa nouvelle bière Mboa, commercialisée à 500 FCFA la bouteille de 50 centilitres. Une initiative qui illustre le dynamisme commercial du secteur, mais qui nourrit également les interrogations sur la place accordée à la prévention sanitaire face à la consommation d’alcool. Chez Albert Ze, cette critique s’inscrit dans un discours plus large sur les insuffisances du système de santé camerounais. Depuis plusieurs années, le chercheur interpelle les pouvoirs publics sur l’accès aux soins, le financement des hôpitaux et la couverture santé universelle (CSU). Il conteste notamment la portée réelle de ce dispositif, estimant que les annonces gouvernementales ne correspondent pas toujours aux difficultés rencontrées par les patients. Dans un entretien accordé à Cameroon Tribune en décembre 2025, il jugeait les progrès vers une véritable couverture universelle encore très insuffisants. Plus récemment, l’économiste s’est attaqué à la prolifération des boissons énergisantes. Dans une précédente publication relayée par Lebledparle.com, il mettait en garde contre les risques sanitaires qu’il associe à leur consommation, notamment les troubles cardiovasculaires et rénaux. Le chercheur plaidait pour un encadrement plus strict de ces produits et une politique de prévention capable de réduire le nombre de nouveaux patients souffrant de maladies chroniques. Ces risques dépendent toutefois des produits, des quantités consommées et des facteurs individuels ; leur consommation ne suffit pas, à elle seule, à établir l’origine d’une insuffisance rénale. Le spécialiste avait également attiré l’attention sur le coût de la dialyse au Cameroun. Tout en reconnaissant l’intérêt social de la réduction des frais supportés par les malades, il s’interrogeait sur la capacité de l’État à financer durablement cette prise en charge. Selon ses estimations, la dépense pourrait considérablement augmenter avec le nombre de patients. Pour Albert Ze, les pouvoirs publics doivent donc investir davantage dans la prévention plutôt que de concentrer leurs efforts sur le traitement des maladies déjà déclarées. Sa nouvelle interpellation sur les bières prolonge ainsi un combat ancien. Derrière une question formulée avec ironie, Albert Ze met en cause les choix de développement et les pratiques de promotion de la santé au Cameroun. Un pays où l’industrie des boissons multiplie les nouveautés commerciales, tandis que l’accès aux soins et la prévention des maladies demeurent des défis majeurs pour les populations.
Mis à jour 12 oct.