AVC à Yaoundé : l’Hôpital de Nkolndongo offre trois jours de dépistage
Il est à peine 6h du matin à l’Hôpital de district de Nkolndongo, à Yaoundé, et les premiers patients sont déjà là. Pendant trois jours, le cabinet de neurologie accueille gratuitement ceux qui veulent savoir où ils en sont face aux accidents vasculaires cérébraux (AVC). La campagne a été lancée ...
237onlinePar Alain-Claude Ndomvendredi 30 octobre 2026 à 06:36

Il est à peine 6h du matin à l’Hôpital de district de Nkolndongo, à Yaoundé, et les premiers patients sont déjà là. Pendant trois jours, le cabinet de neurologie accueille gratuitement ceux qui veulent savoir où ils en sont face aux accidents vasculaires cérébraux (AVC). La campagne a été lancée en prélude à la Journée mondiale de lutte contre les AVC, célébrée hier. Sur le banc, personne n’est jugé, mais l’attente, elle, est lourde. Une salle d’attente qui ressemble à un tribunal Assis sur un banc devant le cabinet de neurologie, des patients attendent déjà leur tour. Les visages sont fermés, les regards rivés sur la porte entrouverte. À première vue, on croirait voir des hommes et des femmes assis sur le banc des accusés, suspendus à l’attente d’un verdict. Ici, pourtant, personne n’est jugé. Ces patients sont venus chercher des réponses sur leur état de santé. Derrière la porte, les consultations se poursuivent à voix basse. Quelques murmures filtrent jusqu’au couloir et attisent parfois l’inquiétude de ceux qui attendent. À chaque ouverture, les regards se lèvent. Un patient sort, un autre entre. Sur ce banc, chacun espère repartir avec des nouvelles rassurantes. Certains viennent seuls, d’autres accompagnés d’un proche. Avant de passer devant le neurologue, ils prennent part à une causerie éducative animée par les professionnels de santé. Assis face aux intervenants, ils écoutent les explications sur les accidents vasculaires cérébraux, les signes d’alerte et les moyens de prévention. Les échanges permettent aux participants de mieux comprendre l’importance d’une réaction rapide lorsque les premiers symptômes apparaissent. Une fois cette étape achevée, chacun rejoint la file d’attente pour les consultations et les examens. Parmi les patients reçus, Suzanne G., qui sort du cabinet accompagnée de son grand frère, Joseph T. Son visage laisse transparaître une certaine anxiété. À l’issue de la consultation, plusieurs examens complémentaires lui ont été prescrits afin de permettre aux médecins d’approfondir les investigations. Dans les salles dédiées aux examens, les équipes médicales poursuivent leur travail. Les patients bénéficient de contrôles de la tension artérielle et de la glycémie, pour rechercher certains facteurs de risque. La mobilisation concerne aussi le personnel hospitalier. Certains agents de santé profitent de cette occasion pour se faire consulter. Cette initiative intervient en prélude à la Journée mondiale de lutte contre les AVC, célébrée hier. Au bout du compte, à l’hôpital, mieux vaut faire la queue devant le cabinet du neurologue que de laisser un AVC s’inviter sans rendez-vous. « L’objectif, c’est la sensibilisation de la population » Le Dr Mintya Oba Stéphanie Diane, neurologue, résume l’esprit de la campagne. « Pendant la campagne, nous avons deux activités principales : les causeries éducatives et les consultations gratuites. Pendant les séances de sensibilisation, les participants découvrent les facteurs de risque des accidents vasculaires cérébraux (AVC), les moyens de les prévenir et les mesures à adopter pour éviter les complications. Des questions leur sont également posées afin de vérifier ce qu’ils ont retenu des échanges. » Les consultations ne se limitent pas au dépistage des AVC. Elles concernent aussi les personnes souffrant de maux de tête, de troubles du sommeil ou du comportement, d’épilepsie, de mouvements anormaux ou de sensations de fourmillement et de picotement dans les membres. Le chiffre, lui, donne la mesure de l’affluence : depuis le début de la campagne, les équipes médicales ont déjà reçu plus de 50 patients dont la tranche d’âge varie entre 30 et 50 ans. Ce n’est pas la tranche que l’on imagine d’ordinaire concernée. Franchement, ça pose question : on associe encore trop souvent l’AVC aux personnes très âgées. Parmi les facteurs de risque identifiés, l’hypertension artérielle arrive en tête, selon le Dr Mintya, suivie de la consommation d’alcool et de tabac, du surpoids et de l’obésité. Sur le terrain, les patients racontent. Litresse Tchouago, étudiante de 28 ans, est venue consulter le neurologue ce matin dans le cadre de la campagne. « Ce qui m’a amenée ici, ce sont de violents maux de tête, particulièrement ressentis du côté gauche. À la suite de ces douleurs, j’ai rencontré un médecin qui m’a prescrit des gouttes pour le traitement et m’a demandé de revenir dans une semaine pour un contrôle. C’est la première fois que je ressens de telles douleurs. » Élise Marie Lemana, agent comptable d’administration, est arrivée à l’Hôpital de district de Nkolndongo à 8h. « Elle m’a consultée et m’a demandé de faire une série d’examens parce que j’ai des antécédents. À 50 ans, je suis diabétique. Je devrais revenir dans quelques jours avec les résultats pour permettre au médecin de mieux apprécier mon état de santé. Le médecin m’a aussi donné beaucoup de conseils adaptés à ma situation. Je suis satisfaite de l’accueil et des échanges avec le personnel médical. » Deux profils différents, une même démarche : consulter avant que le pire n’arrive. Mais la question reste entière : combien de Camerounais pousseront la porte d’un neurologue sans y être invités par une campagne gratuite ? Le geste coûte du temps, pas forcément de l’argent, et c’est souvent le temps qui manque. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour Il y a 5j