Ayaba Cho Lucas inculpé en Norvège, procès fixé au 24 novembre
Ayaba Cho Lucas inculpé en Norvège : le leader séparatiste camerounais devra répondre de complicité de crimes de guerre et d’actes de terrorisme. Le parquet a lâché l’accusation la plus lourde, celle de crimes contre l’humanité, faute de preuves suffisantes. Détenu depuis plus de deux ans à Oslo,...
237onlinePar Rodrigue Batagmercredi 4 novembre 2026 à 19:20

Ayaba Cho Lucas inculpé en Norvège : le leader séparatiste camerounais devra répondre de complicité de crimes de guerre et d’actes de terrorisme. Le parquet a lâché l’accusation la plus lourde, celle de crimes contre l’humanité, faute de preuves suffisantes. Détenu depuis plus de deux ans à Oslo, il sera jugé à partir du 24 novembre 2026. Le dossier repose en grande partie sur des messages WhatsApp. Des messages WhatsApp au banc des accusés Ayaba Cho Lucas, 53 ans, aussi connu sous le nom de Cho Lucas Yabah, a été formellement inculpé mercredi. Il a été arrêté le 24 septembre 2024 à Oslo. Depuis, il est en détention provisoire, prolongée à plusieurs reprises par les juridictions norvégiennes, qui invoquent notamment un risque de fuite. Le parquet l’accuse d’avoir dirigé depuis la Norvège, où il résidait, des groupes armés actifs dans les régions anglophones du Cameroun. Les enquêteurs s’appuient surtout sur des échanges WhatsApp retrouvés dans ses téléphones et appareils numériques. Le procureur d’État Carl Fredrik Fari a confirmé les poursuites pour « medvirkning til krigsforbrytelser og terrorhandlinger », soit complicité de crimes de guerre et d’actes terroristes. Le procès s’ouvre le 24 novembre devant le tribunal de district d’Oslo. Il devrait durer plusieurs mois. La peine encourue : jusqu’à 30 ans de prison. Son avocat, Morten Engesbak, répond que son client « rejette les accusations ». Pour la défense, Ayaba Cho Lucas est un responsable politique engagé pour l’autodétermination de l’Ambazonie, pas un criminel. Un abandon qui change la donne Le parquet n’a pas réussi à établir les faits de crimes contre l’humanité « au-delà de tout doute raisonnable ». C’est un recul. Un vrai. Reste que les deux charges maintenues sont déjà lourdes, et ça pose question pour la défense comme pour l’accusation : tout repose sur des preuves numériques, dont la valeur sera discutée à la barre. À Yaoundé, la lecture est connue : un chef séparatiste responsable de violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Chez ses partisans, on voit un symbole de résistance. Deux récits, aucun point commun. Difficile de ne pas y voir un procès qui dépasse la seule personne d’Ayaba Cho Lucas. Il sera suivi de près au Cameroun comme dans la diaspora anglophone. Et l’« Ambazonia » qu’il dit présider n’existe pas aux yeux de la communauté internationale. Le procès d’Oslo durera des mois. Les juges norvégiens diront si des messages WhatsApp suffisent à condamner un chef séparatiste pour des crimes commis à des milliers de kilomètres. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l'actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.
Mis à jour Il y a 3h