Baloum : neuf personnes en garde à vue après deux hommes brûlés vifs
Neuf personnes, dont le chef traditionnel du village Baloum et son fils, sont détenues à la prison centrale de Bafoussam depuis le 17 juin 2026. Elles répondent du lynchage et de l’immolation de Diffo Steve Achille et Kamta Bostel, brûlés vifs le 5 juin dans l’arrondissement de Penka-Michel, régi...
237onlinePar Alain-Claude Ndomdimanche 21 juin 2026 à 12:29

Neuf personnes, dont le chef traditionnel du village Baloum et son fils, sont détenues à la prison centrale de Bafoussam depuis le 17 juin 2026. Elles répondent du lynchage et de l’immolation de Diffo Steve Achille et Kamta Bostel, brûlés vifs le 5 juin dans l’arrondissement de Penka-Michel, région de l’Ouest. L’affaire a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Ce qui s’est passé à Baloum le 5 juin Les faits sont brutaux. Ce jour-là, les deux hommes s’étaient rendus à Baloum, un village de l’arrondissement de Penka-Michel. Accusés sans la moindre preuve de vol de tôles par des jeunes du village, ils ont été appréhendés, séquestrés et battus à la chefferie, avant d’être traînés sur la voie publique et brûlés vifs. Les images ont tout de suite circulé. Diffusées massivement sur les réseaux sociaux, les vidéos de la scène ont déclenché une indignation nationale immédiate. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Menoua, à Dschang, a émis un mandat d’amener le 15 juin contre le chef du village, Noussi Pokam Charly Constant, arrêté deux jours plus tard après plusieurs jours de cavale. Dans la nuit du 17 au 18 juin, cinq autres suspects ont été interpellés par la gendarmerie nationale, portant le total à neuf personnes placées en garde à vue administrative pour une durée de 15 jours, éventuellement renouvelable. Toutes sont soupçonnées d’avoir participé, à des degrés divers, au lynchage et à l’immolation des deux victimes. Les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités exactes de chacun. Une affaire qui dépasse Baloum Ce dossier pose une question que beaucoup évitent de formuler franchement : jusqu’où les autorités traditionnelles peuvent-elles aller avant que la justice étatique intervienne ? L’affaire de Baloum relance un débat ancien sur la justice populaire et le rôle de certaines chefferies face à des accusations non vérifiées. La défiance envers les institutions judiciaires reste forte dans plusieurs localités de l’Ouest et du pays en général. Mais cette défiance ne peut pas justifier ce qui s’est passé le 5 juin. C’est une ligne que la justice camerounaise ne peut pas laisser franchir sans réponse ferme. Pourtant, on ne sait pas encore si les neuf suspects seront déférés devant un juge à l’issue de leur garde à vue, ni quelles charges exactes seront retenues. La présomption d’innocence s’applique, rappellent les autorités judiciaires. Mais les faits, eux, ont été filmés et vus par des millions de personnes. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 21 juin