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Budget 2027 : ce que Yaoundé demande aux ministères et aux régions

La circulaire budgétaire 2027, datée du 12 octobre 2026, tient en 24 pages et 94 paragraphes. Croissance visée à 3,6 %, inflation à 3,2 %, déficit à 2,7 % du PIB. Le Président de la République l’adresse au Premier ministre, aux ministres d’État, aux ministres et aux gouverneurs de Région. Le mess...

237onlinePar Laurent Dibylundi 12 octobre 2026 à 16:33
Budget 2027 : ce que Yaoundé demande aux ministères et aux régions
La circulaire budgétaire 2027, datée du 12 octobre 2026, tient en 24 pages et 94 paragraphes. Croissance visée à 3,6 %, inflation à 3,2 %, déficit à 2,7 % du PIB. Le Président de la République l’adresse au Premier ministre, aux ministres d’État, aux ministres et aux gouverneurs de Région. Le message tient en une ligne : dépenser moins mal, et finir ce qui est commencé. Un cadrage macroéconomique volontairement prudent Les chiffres d’abord. La circulaire retient une croissance de 3,6 % pour 2027, une inflation de 3,2 % et un déficit budgétaire ramené à 2,7 % du produit intérieur brut. Ce sont des hypothèses de travail, pas des résultats. Rien ne confirme à ce stade qu’elles seront tenues. Le texte précise aussi que les ministères doivent bâtir leurs demandes de crédits sur ce cadre, et non sur leurs ambitions du moment. C’est un rappel à l’ordre, tout simplement. Le pétrole, variable que personne ne maîtrise Le document s’appuie sur des prévisions du secteur pétrolier, dont le prix du baril et l’évolution de la production. Ces chiffres sont à recouper avec la page d’origine, la lecture du scan restant incertaine. Une chose est sûre : le budget camerounais dépend encore de matières premières dont les cours se décident à Londres ou à New York, pas à Yaoundé. Pourtant, la circulaire ne dramatise pas. Elle demande de la prudence, sans annoncer de coupes. 30 % pour l’investissement, un plancher à tenir C’est l’un des points les plus concrets. Les dépenses d’investissement doivent représenter au moins 30 % du budget. Le chiffre est net, vérifiable, et facile à comparer d’une année à l’autre. Il y a un mais. Un taux d’engagement n’est pas un taux d’exécution. Chacun sait, dans les ministères, qu’un projet inscrit au budget n’est pas un projet livré. La route, l’école, le centre de santé : l’écart entre la ligne budgétaire et le chantier terminé reste le vrai sujet. Finir les projets avant d’en lancer d’autres La circulaire insiste sur les projets « matures », c’est-à-dire prêts à démarrer, avec études réalisées et financements identifiés. Les ordonnateurs sont invités à donner la priorité aux chantiers en cours plutôt qu’à multiplier de nouvelles inscriptions. Franchement, la consigne est de bon sens. Elle est aussi répétée depuis des années, ce qui ça pose question. Dette intérieure et restes à payer, le dossier sensible Le texte demande de traiter les restes à payer, ces factures dues par l’État à ses fournisseurs. Il prévoit une provision de 2 % pour les reports de crédits et une quote-part de 30 % liée à la dette. Ces deux pourcentages figurent dans le rapport d’extraction, mais leur base de calcul exacte est à confirmer sur le document. Pour une PME de Douala ou de Bafoussam qui attend d’être payée par un ministère, ces lignes ne sont pas abstraites. Elles décident de la trésorerie, parfois de la survie de l’entreprise. Plan d’engagement, trésorerie et facturation électronique Chaque ordonnateur devra présenter un plan prévisionnel d’engagement, qui alimentera le plan de trésorerie de l’État. La facturation électronique est également évoquée comme outil de suivi. L’idée est simple : savoir à l’avance ce qui sera dépensé, et quand. Difficile de ne pas y voir une volonté de reprendre la main sur le rythme des paiements. Décentralisation : les régions et communes dans le viseur Les gouverneurs de Région figurent parmi les destinataires, ce qui n’est pas anodin. La circulaire aborde le transfert de ressources aux collectivités territoriales décentralisées. Aucun pourcentage chiffré de transfert n’est lisible dans le document, et mieux vaut ne pas en inventer. On attendait mieux sur ce point. Le texte rappelle le principe sans fixer d’échéance précise, alors que les communes réclament des moyens depuis longtemps. Bois en grumes, jeunesse et climat Le texte prépare l’interdiction d’exporter le bois en grumes en 2028, suivant une décision de la CEMAC. Il prévoit aussi des mesures de protection sociale et de promotion de l’emploi des jeunes, et demande d’intégrer climat, genre et jeunesse dans la programmation. Pour les exploitants forestiers de l’Est et du Sud, 2028 arrive vite. Les scieries et unités de transformation devront être prêtes. Ce qui reste flou Le calendrier détaillé n’est pas reproduit. La circulaire renvoie au calendrier budgétaire de 2019 sans le détailler. Aucun économiste ni ministère n’a encore réagi publiquement à ce stade. Alors, les arbitrages tiendront-ils face aux urgences de l’année ? Les ministères préparent leurs demandes dans les prochaines semaines. Les montants réels n’apparaîtront qu’avec le projet de loi de finances 2027. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 12 oct.
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