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Cacao : la Côte d’Ivoire lance sa campagne avec un prix deux fois inférieur à celui du Cameroun

La Côte d’Ivoire a fixé à 1 200 FCFA/kg le prix garanti aux producteurs pour la nouvelle campagne cacaoyère, contre 2 900 FCFA au Cameroun. Abidjan joue la prudence après une campagne marquée par la chute des cours et d’importantes difficultés d’écoulement.

Ecomatin - Actualités économiques d'Afrique Centrale — feed.xmlPar Vicky BAGALmardi 1 septembre 2026 à 18:23
Cacao : la Côte d’Ivoire lance sa campagne avec un prix deux fois inférieur à celui du Cameroun
La Côte d’Ivoire maintient à 1 200 FCFA le kilogramme le prix garanti aux producteurs de cacao pour la campagne principale 2026-2027, ouverte ce 1er septembre. Un niveau inchangé par rapport à la campagne intermédiaire lancée en mars, malgré le redressement récent des cours internationaux, et qui reste très loin du record de 2 800 FCFA/kg fixé un an plus tôt. « Il a été décidé que le kilogramme de cacao bien fermenté, bien séché, bien trié, soit acheté bord champ au prix de 1 200 francs le kilo », a annoncé le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Koné. Le gouvernement justifie notamment cette prudence par un marché international qui « continue d’être caractérisé par une forte volatilité des cours du cacao ». Lire aussi : Côte d’Ivoire : les négociants gèlent les achats de cacao pour obtenir une baisse des prix Le niveau retenu tranche avec celui pratiqué au Cameroun, où la campagne 2026-2027 a été lancée le 7 août avec un prix bord champ de 2 500 FCFA/kg. Ce 1er septembre, le prix moyen payés aux producteurs était de 2900 FCFA, selon l’Office nationale du cacao et du café (ONCC). Il faut néanmoins préciser qu'en Côte d’Ivoire, le prix garanti aux producteurs est fixé par l’État et repose en partie sur des ventes anticipées de la récolte. Le pays fournit environ 40 % du cacao mondial, une filière qui représente 17 % de son PIB et fait vivre près de 5 millions de personnes.Lire aussi : Côte d'Ivoire : le "casse-tête" des stocks de cacao qui s'accumulent Une filière sortie difficilement de la campagne précédente La prudence d’Abidjan s’explique également par les difficultés rencontrées lors de la campagne précédente. En octobre 2025, le gouvernement avait porté le prix bord champ à un niveau historique de 2 800 FCFA/kg, avant que le retournement des cours internationaux ne rende ce niveau difficile à soutenir. Le ralentissement des exportations qui a suivi a entraîné une accumulation des fèves dans les entrepôts des coopératives et chez les opérateurs. La situation a été accentuée par une récolte particulièrement abondante. La production ivoirienne aurait atteint 2,2 millions de tonnes en 2025-2026, contre environ 1,9 million la saison précédente. Face aux stocks invendus, l’État s’est engagé à reprendre les fèves bloquées au prix garanti de 2 800 FCFA/kg. Début août, le gouvernement annonçait avoir achevé le rachat de 100 000 tonnes, même si plusieurs organisations de producteurs estiment que les volumes restés en souffrance étaient plus importants. Lire aussi : Crise du cacao : la Côte d'Ivoire réduit de près de 60% le prix d'achat aux producteurs Pour la campagne intermédiaire ouverte en mars, Abidjan avait déjà ramené le prix à 1 200 FCFA/kg, soit une baisse de près de 60 %. Son maintien à ce niveau pour la nouvelle campagne principale intervient pourtant alors que les cours internationaux ont quelque peu rebondi. Fin juillet, le cacao pour livraison en septembre se négociait autour de 5 381 dollars la tonne à New York, nettement au-dessus des niveaux observés en mars, mais toujours très loin du pic d’environ 11 000 dollars atteint en 2024. Cette remontée avait nourri les attentes des producteurs. « On ne s’attendait pas à ce que le prix reste identique », a déclaré à l’AFP Thibeaut Yoro, producteur et porte-parole d’une centrale syndicale agricole. Les planteurs espéraient, selon lui, une remontée à 1 800 voire 2 000 FCFA/kg. Éviter une nouvelle crise Au-delà du prix, les autorités ivoiriennes modifient également le calendrier de commercialisation. La campagne principale démarre cette année le 1er septembre, contre traditionnellement le 1er octobre. Abidjan cherche notamment à rapprocher son calendrier de celui du Ghana, deuxième producteur mondial, avec lequel la Côte d’Ivoire a créé en 2018 l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana afin de mieux coordonner leurs politiques et défendre les revenus des planteurs. Les autorités veulent également renforcer le contrôle de l’origine et de la circulation des fèves grâce au Système national de traçabilité (SNT). Le dispositif doit permettre de suivre les achats auprès des producteurs et de mieux contrôler les flux transfrontaliers, alors que les écarts de prix avec les pays voisins peuvent alimenter la contrebande.Lire aussi : Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana relancent leur projet d’alliance élargie avec le Cameroun et le Nigeria
Mis à jour Il y a 3j
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