Cameroun : 107 morts après l’effondrement d’une mine d’or à Zamboi
Au moins 107 corps ont été retrouvés après l’effondrement d’un site d’exploitation aurifère à Zamboi, dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï, dans l’Est du Cameroun, selon un témoignage du journaliste Jean Charles Biyo’o Ella, qui cite un échange avec le maire de la commune. Le bilan, encore prov...
Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelmercredi 19 août 2026 à 07:061 vues

Au moins 107 corps ont été retrouvés après l’effondrement d’un site d’exploitation aurifère à Zamboi, dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï, dans l’Est du Cameroun, selon un témoignage du journaliste Jean Charles Biyo’o Ella, qui cite un échange avec le maire de la commune. Le bilan, encore provisoire, pourrait s’alourdir alors que les recherches se poursuivent. Dans un témoignage publié après un échange avec le maire de Garoua-Boulaï, Adamou Abdon, le journaliste affirme que 107 corps avaient été retrouvés quelques heures après l’éboulement survenu sur ce site aurifère situé à proximité de la frontière avec la République centrafricaine. « Témoignage sur le site aurifère de Zamboi : 107 MORTS Au moment où je publie ce témoignage 1H36 MIN, après mon dernier échange avec le maire de Garoua-Boulaï Adamou Abdon à 23 heures, le bilan provisoire de l’éboulement survenu sur le site aurifère de Zamboi, dans la commune de Garoua-Boulai région de l’Est, fait état de 107 corps retrouvés. Il y a quelques mois, en mars dernier, alors que je réalisais une série de reportages sur des sites d’exploitation aurifère « cachés » de la région, j’avais découvert ce chantier de Zamboi. Pour vous le décrire, c’est site tentaculaire, qui s’étend sur plusieurs hectares, à cheval entre le Cameroun et la République centrafricaine. Les deux parties du site sont séparées par le fleuve Kadéï, dont le cours a été dévié pour faciliter les activités d’extraction. Sur place, se côtoient des orpailleurs camerounais et centrafricains. Des hommes, des femmes et des petits enfants à la recherche du précieux sésame (la pépite d’or). Le gramme aujourd’hui varie entre 25 000 et 30 000 FCFA. On y trouve également d’importantes communautés venues du Tchad, du Mali et des « champions » Burkinabè. Ces derniers sont particulièrement présents dans certaines techniques d’orpaillage artisanal et dans l’utilisation de produits chimiques hautement toxiques, employés notamment pour faciliter la récupération de l’or. Lors de mon passage sur ce site, je n’ai pas observé la présence d’opérateurs chinois. En revanche, j’ai rencontré plusieurs exploitants camerounais, dont une bonne partie était originaire de la localité Garoua-Boulai. Autre élément qui interpelle : à quelques encablures du site de Zamboi, se trouve un camp du BIR, le Bataillon d’intervention rapide, déployé dans cette zone dans le cadre de la lutte contre les coupeurs de route, les « zaguina » et de la sécurisation de la frontière pour limiter les infiltrations des groupes armés venus du voisin centrafricain. L’accès au chantier n’était d’ailleurs pas totalement libre. Il fallait franchir un dispositif de contrôle tenu par des éléments des forces de défense et de sécurité(pas le BIR, mais les militaires ordinaires), et des policiers. J’avais également aperçu des éléments des forces centrafricaines certains en tenue et d’autres en civil sur le chantier. Ces observations posent aujourd’hui une série de questions, difficiles à éluder après un drame d’une telle ampleur : comment un site aurifère de cette dimension a-t-il pu fonctionner dans de telles conditions ? Pourquoi l’interdiction de l’exploitation minière clandestine peine-t-elle à être effectivement appliquée ? Quels mécanismes de contrôle encadraient réellement les activités sur ce site ? Et surtout, qui répondra des conditions dans lesquelles ces hommes, et surtout ces femmes travaillaient et sont morts? LA RECHER DES CORPS DOIT SE POURSUIVRE CE MERCREDI. PS: À une vingtaine de kilomètres de Batouri autre Sodome et Gomorrhe, un autre chantier minier, beaucoup moins médiatisé, est également connu des acteurs locaux du secteur. Il s’agit du site Barabéré. Ce chantier tenu par le chinois est né après la « fermeture officielle » du site de Kambele par les autorités. Les Chinois ont juste déplacé leurs bulldozers pour créer un autre site dans les memes conditions que celui qui a été fermé. Si rien n’est fait, c’est la saison pluvieuse, d’autres hécatombes pourraient arriver. Jean Charles Biyo’o Ella »
Mis à jour 19 août