Cameroun : 4,5 millions de personnes exposées à l’insécurité alimentaire aiguë
Selon le Rapport conjoint sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle publié par l’Institut national de la statistique (INS), environ 4,5 millions de personnes étaient exposées, en mars 2026, à un risque d’insécurité alimentaire aiguë, rapporte EcoMatin. La situation alimentaire reste préoccupa...
Accueil - Tchadinfos — feedPar Toguyallah Mbogueriennemercredi 19 août 2026 à 19:301 vues

Selon le Rapport conjoint sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle publié par l’Institut national de la statistique (INS), environ 4,5 millions de personnes étaient exposées, en mars 2026, à un risque d’insécurité alimentaire aiguë, rapporte EcoMatin. La situation alimentaire reste préoccupante au Cameroun. D’après les données de l’INS, 15 % de la population, soit environ 4,5 millions de personnes sur une population totale de 30,2 millions, vivaient en mars 2026 dans des zones présentant un risque d’insécurité alimentaire aiguë. Les régions touchées par les conflits restent particulièrement vulnérables. Parmi les personnes concernées, environ 1,8 million vivaient dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, confrontées à des crises sécuritaires persistantes. Elles représentent environ 17 % de la population de ces zones. Mais le phénomène ne se limite pas aux régions affectées par les conflits. Quelque 2,6 millions de personnes vivant dans des zones non touchées par les violences étaient également exposées, soit environ 13 % de leur population. Le rapport révèle également des fluctuations importantes au cours du premier trimestre 2026. La proportion de la population exposée au risque d’insécurité alimentaire est passée de 22 % en janvier à 16 % en février, avant d’atteindre 15 % en mars. Sur l’ensemble du premier trimestre, la moyenne s’établit à environ 18 %, soit 5,4 millions de personnes. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Le rapport cite notamment les flambées épidémiques, particulièrement la rougeole. Au niveau national, 6 583 cas ont été recensés, dont 36 décès, avec des conséquences sur la situation nutritionnelle des populations. À cela s’ajoutent les problèmes liés à une alimentation complémentaire inadéquate chez les enfants, les perturbations dans l’approvisionnement en intrants et en denrées alimentaires ainsi que la baisse des financements américains, qui aurait notamment réduit les activités de dépistage nutritionnel dans plusieurs régions. Le rapport établit également un lien entre la situation alimentaire et les perturbations provoquées par la crise post-électorale de 2025. Celle-ci aurait affecté la distribution de certains intrants et produits alimentaires. L’INS relève par ailleurs une concentration importante des partenaires techniques et financiers dans l’Extrême-Nord, alors que d’autres régions connaissent également des besoins importants en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle. La situation apparaît également plus préoccupante qu’à la fin de l’année 2025. En décembre dernier, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, faisait état de 3,12 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë, soit environ 11 % de la population analysée. Parmi elles, 249 306 personnes étaient en situation d’urgence, tandis que près de 2,87 millions étaient en phase de crise. À cette même période, plus de 6,19 millions de personnes se trouvaient en phase 2, correspondant à une situation « sous pression ». Les données montrent également que le nombre de personnes en situation de crise avait déjà progressé par rapport à 2024, passant d’environ 2,81 millions à 2,87 millions. Selon l’Enquête nationale de suivi de la sécurité alimentaire et nutritionnelle citée dans le rapport, 61,22 % de la population disposent d’une consommation alimentaire jugée acceptable, tandis que 10,86 % présentent une consommation alimentaire pauvre. Le Rapport conjoint sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle a été élaboré avec la participation de plusieurs institutions et organisations, notamment la Banque mondiale, la FAO, le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Action contre la faim, FEWS NET et le gouvernement camerounais.
Mis à jour 19 août