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Cameroun: au procès Martinez Zogo, le témoin Ayissi Nanga face aux questions de la partie civile

Après trois jours d'audience, le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga maintient que ce ne sont pas les coupables qui sont jugés devant le tribunal militaire. Durant leur contre-interrogatoire ce mercredi 28 octobre, les avocats de la partie civile ont tenté de relever des incohérences dans le ...

RFI AfriquePar RFIjeudi 29 octobre 2026 à 04:293 vues
Cameroun: au procès Martinez Zogo, le témoin Ayissi Nanga face aux questions de la partie civile
Cameroun: au procès Martinez Zogo, le témoin Ayissi Nanga face aux questions de la partie civile Après trois jours d'audience, le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga maintient que ce ne sont pas les coupables qui sont jugés devant le tribunal militaire. Durant leur contre-interrogatoire ce mercredi 28 octobre, les avocats de la partie civile ont tenté de relever des incohérences dans le discours de l'ancien membre de la commission mixte d'enquête. Ils ont également mis l'accent sur une forme d'acharnement du témoin envers sa hiérarchie et ont questionné son obstination à enquêter malgré son exclusion de la commission mixte. Publié le : 29/10/2026 - 04:29 À la barre depuis lundi, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga, qui avait promis de « tout dire », a porté une première lourde accusation contre l'accusé Martin Savom, ancien maire de la commune de Bibey et l'un des derniers à avoir eu un entretien téléphonique avec Martinez Zogo avant sa disparition. Il l'a désigné nommément comme étant celui qui a « tué de ses propres mains » Martinez Zogo, par strangulation. Cette cause de la mort avait déjà été abordée par d'autres témoins en tout début de procès. Cette accusation a été énergiquement rejetée par la défense de Martin Savom. Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga a également accusé deux officiers chargés des investigations d'avoir fabriqué, selon ses propres termes, des « assassins et des commanditaires ». Ces officiers, sous diverses pressions politiques, « ont orienté l'enquête », selon lui, vers des personnes qui n'ont pas nécessairement de responsabilité dans le meurtre. Le procès qui dure depuis trois ans évoluerait ainsi, toujours selon cet officier, sur « de fausses pistes ». Ayissi Nanga affirme que tout est fait avec l'intention de protéger les « vrais commanditaires ». Ces « vrais commanditaires », Ayissi Nanga s'est engagé à l'audience à révéler leurs identités d'ici à la fin de son audition. Contre-interrogatoire La partie civile avait ce mercredi plusieurs questions pour Parfait Ayissi Nanga : pourquoi avoir attendu trois ans pour dénoncer l'acharnement supposé contre Jean-Pierre Amougou Belinga ? Pourquoi parler du secrétaire d'État à la Défense comme patron de l'enquête ? Pour le colonel Ayissi, l'enquête a été biaisée, rapporte notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena. Mais après lecture du rapport des médecins légistes, il a peiné à justifier la mort par strangulation de Martinez Zogo, qu'il avait avancée la veille. « Il est impossible de dire qu'on a les mêmes certitudes que la veille. On a constaté qu'on a un témoin qui dit quasiment tout et son contraire et qui navigue selon les questions qui lui sont posées », remarque Calvin Job, avocat des ayants droit de l'animateur. Autre interrogation : pourquoi le témoin a-t-il continué à enquêter malgré son éviction de la commission mixte ? Réponse : pour résoudre l'énigme de la coupure d'internet dans la zone le soir de l'assassinat, et aussi pour découvrir pourquoi la piste du téléphone de Martin Savom n'avait pas été suivie. Audience renvoyée Pour les avocats de Martin Savom, leur client est une « victime collatérale d'une guerre entre gendarmes ». « Il critique de bout en bout ses collègues, sa hiérarchie, et par voie de conséquence, il arrive à des conclusions qu'il ne peut pas démontrer », dit maître Clément Ananga. Seri Zokou, avocat de Maxime Eko Eko, ancien patron des renseignements, accusé dans cette affaire, regrette que la partie civile fasse traîner les débats : « Tout ça nous interpelle. Plus on se rapproche de la vérité, plus manifestement cela n'arrange pas certaines parties. » L'audience a été renvoyée aux 16 et 17 novembre pour la suite du contre-interrogatoire du témoin. NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
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