Cameroun: au procès Martinez Zogo, un officier dénonce une enquête «mascarade»
Ce mardi 27 octobre était la deuxième journée d'audience pour le lieutenant-colonel Ayissi Nanga devant le tribunal militaire de Yaoundé. Le membre de la commission d'enquête sur l'assassinat de l'animateur radio a affirmé que l'enquête sur Martinez Zogo était une « mascarade ». « La désapprobati...
RFI AfriquePar RFImercredi 28 octobre 2026 à 05:0911 vues

Cameroun: au procès Martinez Zogo, un officier dénonce une enquête «mascarade» Ce mardi 27 octobre était la deuxième journée d'audience pour le lieutenant-colonel Ayissi Nanga devant le tribunal militaire de Yaoundé. Le membre de la commission d'enquête sur l'assassinat de l'animateur radio a affirmé que l'enquête sur Martinez Zogo était une « mascarade ». « La désapprobation des méthodes d'enquête m'a valu les persécutions que j'ai vécues et que je continue de vivre », a-t-il déclaré. Il a également accusé le colonel Jean-Pierre Otoulou, chef de l'enquête préliminaire, et le lieutenant-colonel Bialo d'avoir désigné des assassins et des commanditaires sans preuve. Publié le : 28/10/2026 - 05:09Modifié le : 28/10/2026 - 13:33 Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena L'enquête initiale aurait été menée au profit d'intérêts politiques plutôt que judiciaires, selon le lieutenant-colonel Ayissi. Il affirme que le secrétaire d'État à la Défense était le « véritable patron de l'enquête » et s'en serait servi pour régler des comptes avec certains accusés. Ayissi Nanga a accusé deux officiers chargés des investigations d'avoir fabriqué, selon ses propres termes, des « assassins et des commanditaires ». Ces officiers, sous diverses pressions politiques, auraient orienté l'enquête vers des personnes qui n'auraient pas nécessairement de responsabilité dans le meurtre. Le procès qui dure depuis 3ans évoluerait ainsi sur « de fausses pistes », et tout serait fait avec l'intention de protéger les « vrais commanditaires ». « Deux officiers se sont occupés de cette affaire et ont travesti le dossier. On a caché le téléphone et on a détruit la scène de crime. Depuis ce lundi soir, au demeurant, nous assistons à la bascule dans ce dossier », explique Charles Tchoungang, avocat de Jean-Pierre Amougou Belinga. Le colonel Ayissi assure avoir été écarté de l'enquête au moment où sa main se rapprochait des véritables coupables. Selon lui, tous les indices mènent à Martin Savom, ancien maire de la commune de Bibey et l'un des derniers avoir eu un entretien téléphonique avec Martinez Zogo avant sa disparition, qu'il désigne comme celui ayant « tué de ses propres mains » le journaliste par strangulation. « Des hypothèses sans fondement », dénonce Clément Ananga, avocat de Martin Savom. « Le droit pénal s'accommode mal des hypothèses. Aucun d'entre nous n'a suivi comment Martin Savom s'est pris pour donner la mort à Martinez », assure-t-il. Des affirmations hypothétiques selon la partie civile Toujours selon le colonel Ayissi Nanga, un sous-groupe se serait séparé du reste du commando, aurait ramené la victime à Yaoundé, puis aurait redéposé le corps là où il a été découvert le 23 janvier 2023. Une thèse à laquelle souscrit maître Jules Bambia, l'un des avocats de la défense. Mais pour la partie civile, ces affirmations restent hypothétiques et relèvent plus de l'effet d'annonce car les preuves peuvent être facilement contestées. L’audience se poursuit ce mercredi. À lire aussiCameroun: au procès sur la mort de Martinez Zogo, un accusé affirme avoir été poussé à en incriminer un autre NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
Mis à jour 28 oct.