Cameroun : Camrail recense près de 200 passages clandestins sur son réseau ferroviaire
Ces voies non autorisées ont d’ailleurs casé une collision entre un train et un camion dans le canton d’Obala, en octobre 2026.
Ecomatin - Actualités économiques d'Afrique Centrale — feed.xmlPar Danielle Noahmercredi 4 novembre 2026 à 15:29

Près de 200 passages clandestins ont été recensés sur le réseau ferroviaire camerounais. Le chiffre a été communiqué par CAMRAIL (Cameroon Railways) dans un avis publié en octobre 2026. Ces traversées, qui ne sont ni aménagées ni autorisées, permettent aux riverains et aux usagers de la route de franchir les rails en dehors des passages à niveau prévus à cet effet. « Elles exposent leurs utilisateurs et les circulations ferroviaires à des risques importants », alerte le concessionnaire du réseau ferroviaire camerounais. Si Camrail n'en précise pas la répartition géographique, l'on se souvient qu'en 2022, le ministère des Transports relevait que 41 % des passages à niveau recensés sur le réseau ferroviaire camerounais étaient clandestins. Les chiffres repris par Investir au Cameroun faisaient état de 90 passages clandestins sur un total de 217. Le nombre aujourd'hui communiqué par Camrail est donc plus de deux fois supérieur à celui de 2022, sans qu'il soit possible de déterminer si cette évolution résulte d'une multiplication des traversées clandestines ou d'un recensement plus complet. À cette période, on comptait également 15 passages réglementaires en zone portuaire, 23 sur la ligne Douala-Kumba, 48 sur le Transcamerounais I et 41 sur le Transcamerounais II. LIRE AUSSI : Cameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019 Cette situation, expliquait alors le ministère, perturbe très souvent les circulations routières et ferroviaires et est à l'origine de nombreux accidents graves. Un incident survenu il y a quelques semaines illustre justement ces risques et se trouve à l'origine de la récente sortie de Camrail. Le 10 octobre 2026, le train 192Ve, en provenance de Ngaoundéré et à destination de Yaoundé, a heurté un camion-benne immobilisé sur la voie ferrée au PK 291+200, dans le canton d'Obala. « Le véhicule, immatriculé CE 601 OU et chargé de sable, se trouvait au niveau d'un passage à niveau clandestin », précise l'entreprise. Le camion était donc immobilisé sur les rails et son chauffeur n'a pas été retrouvé sur les lieux. Les circonstances exactes de cette immobilisation restent à établir par la police spéciale du chemin de fer. La législation camerounaise prévoit néanmoins des sanctions pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et des amendes comprises entre 100 000 et 25 millions de FCFA pour encombrement de la voie ferrée. La locomotive, elle, a subi d'importants dommages, notamment au niveau de plusieurs équipements mécaniques, de la passerelle et des composants électriques. « Les réparations d'une locomotive à la suite d'un incident de cette nature peuvent atteindre 50 millions de FCFA, voire davantage », relève Camrail, sans toutefois préciser le coût des dommages causés par cette collision. LIRE AUSSI : Cameroun : les actionnaires de Camrail injectent plus de 16 milliards FCFA dans le capital Face à ces risques, Camrail entend renforcer la prévention et la sécurisation de son réseau. Le concessionnaire annonce notamment la fermeture du passage clandestin concerné par l'accident, ainsi que le recensement et la cartographie des autres traversées non autorisées afin d'identifier les situations les plus critiques. L'entreprise prévoit également de renforcer les opérations de débroussaillage dans les zones à visibilité réduite et de contrôler régulièrement les dispositifs de fermeture pour empêcher la réouverture des passages clandestins.
Mis à jour Il y a 1h