Cameroun - « Je tiendrai parole » : un an après, où est la parole ?
Un an après la promesse de Maroua, le bilan jeunes-femmes de Biya est contrasté : fonds créé, femmes nommées, mais emploi jeune au point mort. LE 6 NOVEMBRE 20...
Cameroun,Cameroon Camer.be, l'information claire et nette::Cameroun,Cameroon,CAM — rssPar Onana Nestorvendredi 6 novembre 2026 à 12:42

Un an après la promesse de Maroua, le bilan jeunes-femmes de Biya est contrasté : fonds créé, femmes nommées, mais emploi jeune au point mort. Le 6 novembre 2025, la promesse Paul Biya venait d’être frauduleusement réélu. Ce jour-là, il jure que la situation des jeunes et des femmes sera « au cœur » de son action. Le septennat 2025-2032 sera celui de la jeunesse et des femmes. Douze mois plus tard, que reste-t-il de la promesse ? Les faits, d’abord. Un fonds spécial de 50 milliards FCFA a été créé par la loi de finances 2026. Il doit financer l’emploi des jeunes et l’autonomisation économique des femmes. Des nominations de femmes à des postes stratégiques ont eu lieu, notamment dans l’armée. Et des programmes sectoriels, comme le CAP2E dans l’Extrême-Nord, ont été lancés avec l’appui de la BAD. Voilà pour le papier. Le terrain, lui, raconte autre chose. Deux promesses tenues sur huit, selon une tribune Charles Armel Mbatchou, dans une tribune publiée le 19 octobre 2026, a passé au crible huit engagements présidentiels. Son verdict : deux tenus, six non tenus ou sans preuves publiques. Les deux promesses tenues ? La reprise des études doctorales dans les universités d’État, et la relance des concours des Écoles normales supérieures. 32 arrêtés ont été signés le 13 janvier 2026, après deux ans de suspension. Le reste ? Le plan spécial pour l’emploi des jeunes, annoncé « dès les premiers mois », n’a pas produit les embauches promises. La tribune note que 39 % des 15-34 ans restent sans emploi stable. Le soutien financier accru aux femmes, lui, reste « sans preuves publiques » pour l’auteur. Et le « nouveau gouvernement dans les prochains jours », promis le 31 décembre 2025, n’est jamais venu. Cette tribune est un point de vue, pas un rapport officiel. Mais elle a le mérite de poser les chiffres. Le fonds de 50 milliards existe. Les jeunes l’attendent encore. Le Fonds spécial de 50 milliards FCFA est réel. Il figure dans la loi de finances 2026. Il est présenté comme une « innovation majeure » par l’Institut Nkafu, qui salue un « signal politique fort » tout en avertissant : « un impact non garanti ». Pourquoi ? Parce que l’effectivité du fonds dépendait d’un texte du ministère des Finances sur les modalités de décaissement. En février 2026, le ministre Louis Paul Motaze assurait que les équipes étaient « à pied d’œuvre » pour un « démarrage imminent ». Nous avons cherché des chiffres publics de décaissement pour la fin 2026. Nous n’en avons pas trouvé. Ce n’est pas une preuve que rien n’a été payé. C’est un constat : à ce jour, aucune donnée publique ne permet de mesurer l’argent effectivement sorti. Le Plan spécial pour l’emploi des jeunes, lui, a un bilan chiffré. Selon le Cameroon Tribune de mai 2026, il a financé plus de 14 800 projets et généré près de 44 500 emplois directs. C’est un chiffre. Il faut le mettre en face de l’autre : le chômage des jeunes reste massif. Femmes : des symboles forts, et des réalités qui persistent Le 31 mars 2026, Paul Biya a nommé deux femmes à des postes jamais occupés par des femmes. La colonelle Marguerite Meffand Loaw prend la tête de la direction de la justice militaire. Le capitaine de vaisseau Séraphine Issova Sono devient commandante de la base navale de Limbé. Ce sont des premières. Elles comptent. Elles envoient un signal. Mais un signal ne fait pas une politique. La tribune du Cameroun Web le rappelle : aucune femme n’a été nommée à la tête d’un ministère stratégique (Défense, Finances, Administration territoriale) ou d’une grande entreprise publique. Le gouvernement reste dominé par des figures historiques, sans renouvellement générationnel ni parité. L’autre versant, c’est l’économie. Les femmes restent concentrées dans l’informel et les activités à faible productivité, avec un accès limité au crédit et à la terre. Des programmes existent : la BAD a accordé une ligne de crédit à AFG-Bank dont 30 % doit soutenir l’entrepreneuriat féminin ou jeune. Le CAP2E, dans l’Extrême-Nord, vise 5 000 emplois décents, dont 40 % pour les femmes. Mais l’accès au financement reste le goulot d’étranglement. Un atelier du secteur privé en octobre 2026 a relevé « l’insuffisance des financements accordés aux PME » et « les difficultés spécifiques rencontrées par les entreprises portées par des femmes ». Ce que le texte officiel ne dit pas Les sources officielles parlent de « stratégie », de « fonds », de « réformes ». Elles ne disent pas combien de jeunes ont effectivement signé un contrat de travail à durée indéterminée grâce au plan spécial. Elles ne disent pas combien de femmes ont obtenu un crédit et l’ont remboursé. Le décalage entre le discours et la statistique est le cœur du problème. Un fonds qui existe n’est pas un fonds qui fonctionne. Une nomination symbolique n’est pas une politique structurelle. Qu’est-ce que le « septennat des jeunes et des femmes » ?C’est le nom donné au mandat 2025-2032 de Paul Biya, qui a promis de placer la jeunesse et les femmes au cœur de son action. Le fonds de 50 milliards FCFA a-t-il été décaissé ?Il a été créé par la loi de finances 2026. Mais aucune donnée publique ne permet de savoir combien a été effectivement décaissé à ce jour. Combien d’emplois le plan jeunes a-t-il créés ?Le gouvernement évoque plus de 44 500 emplois directs et 14 800 projets financés, selon le Cameroon Tribune de mai 2026. Quelles femmes ont été nommées à des postes stratégiques ?La colonelle Marguerite Meffand Loaw à la justice militaire, et le capitaine de vaisseau Séraphine Issova Sono à la base navale de Limbé, en mars 2026. Est-ce que le chômage des jeunes a baissé ?Les chiffres varient selon les sources. Une tribune évoque 39 % des 15-34 ans sans emploi stable. Les taux officiels sont plus bas, mais le sous-emploi et l’informel restent massifs. Pourquoi les critiques parlent-ils d’« immobilité politique » ?Parce qu’aucun remaniement gouvernemental d’ampleur n’a eu lieu, et que les femmes et les jeunes restent absents des ministères stratégiques, selon plusieurs observateurs. Le gouvernement a-t-il répondu à ces critiques ?Nous n’avons pas trouvé de réponse officielle point par point. Le Cameroon Tribune met en avant les programmes et les fonds. Les critiques, elles, portent sur leur mise en œuvre.
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