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Cameroun : la nécessaire impopularité des prochains dirigeants

« Un pays ne se redresse pas avec des mesures qui plaisent à tout le monde. Face à l’ampleur du désordre urbain, de l’incivisme, de la […]

ActuCamerounPar Armand Djaleumercredi 19 août 2026 à 13:421 vues
Cameroun : la nécessaire impopularité des prochains dirigeants
Un inventaire qui donne le vertige Il suffit de traverser Yaoundé, Douala ou n’importe quelle ville secondaire du pays pour dresser un constat implacable : tout marche à contre-sens. Le désordre urbain n’est plus un accident : il est devenu le mode de fonctionnement normal de l’espace public. Au chaos spatial, s’ajoute un incivisme quotidien qui use les nerfs autant qu’il fragilise le vivre-ensemble. Feux rouges ignorés, sens interdits empruntés sans complexe, klaxons comme unique langage de la route, ordures jetées depuis les vitres des voitures, files d’attente que l’on double sans égard : chacun de ces gestes, pris isolément, semble anodin. Mis bout à bout, ils dessinent une société où l’intérêt individuel immédiat prime systématiquement sur la règle collective. Le respect des textes, des horaires, des procédures est devenu, lui aussi, l’exception plutôt que la norme. Un rendez-vous administratif fixé à 8 heures peut commencer à 11 heures sans que cela ne choque personne. Un permis de construire peut être ignoré, une norme de sécurité contournée, une taxe éludée, sans que la sanction ne suive. Le pire, sans doute, n’est pas l’existence de ces écarts, aucune société n’en est totalement exempte, mais leur normalisation. On ne les cache plus, on ne s’en excuse plus : on les revendique presque, au nom d’une débrouillardise érigée en vertu nationale. Pourquoi la fermeté est de plus en plus réclamée Face à ce tableau, une partie croissante de l’opinion publique en vient à réclamer une main plus ferme. L’idée n’est pas nouvelle dans l’histoire des nations qui ont connu des phases de refondation : On ne refondera pas le Cameroun sans une main de fer dans un gant de velours. Rwanda, Singapour, Corée du Sud sont souvent cités, à tort ou à raison, comme des exemples où une discipline collective imposée d’en haut a permis, en quelques décennies, de transformer des sociétés jugées, en leur temps, tout aussi désordonnées. Cette fermeté ne devrait pas s’appliquer qu’aux citoyens ordinaires, en épargnant les puissants et les bien connectés, car cela renforcerait le sentiment d’injustice. La fermeté marche lorsque c’est l’ambiance générale du pays et du moment. Un vent de fermeté doit souffler sur le Cameroun. Une piste : la fermeté couplée à l’exemplarité et à la prévisibilité Entre le statu quo, qui a démontré son inefficacité, et la tentation de la force brute, qui comporte ses propres risques, une voie médiane mérite d’être explorée : celle d’une fermeté prévisible, universelle et exemplaire. Prévisible, d’abord : les citoyens s’adaptent plus facilement à des règles strictes qu’à des règles arbitraires. Une sanction appliquée systématiquement, annoncée à l’avance et non négociable, change les comportements plus durablement qu’une répression épisodique et spectaculaire. Universelle, ensuite : la crédibilité de toute politique de discipline collective dépend de son application égale, du simple citoyen au haut-fonctionnaire. Un contrôle routier qui épargne les véhicules officiels, une démolition qui ne touche que les quartiers populaires, discréditent d’avance l’effort demandé au reste de la population.
Mis à jour 19 août
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