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Cameroun : Le parti FSNC d’Issa Tchiroma suspendu par le Minat

Trois mois. C’est la durée de suspension infligée au Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) par un arrêté du ministre de l’Administration territoriale signé le 27 octobre 2026. Atanga Nji Paul n’a pas mâché ses mots : appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, troubles ...

237onlinePar Christiane Tamoura Engomardi 27 octobre 2026 à 18:291 vues
Cameroun : Le parti FSNC d’Issa Tchiroma suspendu par le Minat
Trois mois. C’est la durée de suspension infligée au Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) par un arrêté du ministre de l’Administration territoriale signé le 27 octobre 2026. Atanga Nji Paul n’a pas mâché ses mots : appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, troubles graves à l’ordre public. Et un détail qui intrigue sérieusement dans le milieu politique : la résidence d’un dirigeant statutaire à l’étranger figure parmi les motifs officiels. Ce que dit exactement l’arrêté Le texte, référencé N° 00163/A/MINAT, ne laisse aucune place à l’interprétation. Le parti est suspendu « de toute activité sur l’ensemble du territoire national » pour une durée de trois mois, à compter de la signature. Les faits reprochés couvrent trois périodes bien distinctes : avant, pendant et après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. La formulation est large, volontairement. Elle permet d’englober un maximum de situations. La liste des griefs est longue. Appel à l’insurrection. Atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté nationale. Incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés. Troubles graves à l’ordre public. Et cette histoire de résidence à l’étranger, franchement, ça pose question. Les gouverneurs de région, les préfets et les sous-préfets sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’application de l’arrêté. Des poursuites judiciaires attendent les contrevenants à la mesure d’interdiction. Le texte sera enregistré et publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais. Une décision qui vient après les condamnations Le calendrier mérite qu’on s’y arrête. Le Tribunal militaire de Yaoundé a condamné, le 8 octobre 2026, les auteurs des violences inouïes commises lors du scrutin. L’arrêté du Minat tombe dix-neuf jours plus tard. Difficile de ne pas y voir un enchaînement. Le signal est clair. Issa Tchiroma Bakary, le fondateur et dirigeant du FSNC, n’a pas réagi publiquement à ce stade. On ne sait pas encore si le parti va contester la décision devant les juridictions compétentes. Mais la mesure d’interdiction, elle, est déjà effective sur toute l’étendue du territoire. C’est un tournant pour l’opposition camerounaise, c’est le moins qu’on puisse dire. Le FSNC est la formation fondée et dirigée par Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre devenu l’un des visages de la contestation après l’élection d’octobre 2025. Le suspendre, c’est viser directement l’appareil politique de l’opposant. Reste le fond juridique. La loi de 1990 sur les partis politiques encadre ces mesures, et c’est le genre de décision qui finit souvent devant les tribunaux administratifs. Difficile de ne pas y voir un test de la capacité de l’opposition à réagir. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
Mis à jour 27 oct.
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