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Cameroun : les dividendes de l’État actionnaire grimpent de 25 %, à 70 milliards FCFA, pour un portefeuille d’une cinquantaine d’entreprises

L'État camerounais possède des parts dans plusieurs poids lourds de l'économie. Mais lorsqu'il s'agit de rémunérer son actionnaire, le portefeuille repose essentiellement sur deux institutions, qui fournissent près de 84 % des dividendes. Une concentration qui fait écho aux critiques de la Chambr...

Ecomatin - Actualités économiques d'Afrique Centrale — feed.xmlPar Cedrick JIONGOmardi 3 novembre 2026 à 13:44
Cameroun : les dividendes de l’État actionnaire grimpent de 25 %, à 70 milliards FCFA, pour un portefeuille d’une cinquantaine d’entreprises
Avec des participations dans une cinquantaine d'entreprises, dont plusieurs poids lourds de l'économie nationale, l'État camerounais peine toujours à tirer des revenus importants de son portefeuille. Selon le rapport d'exécution du budget 2025, publié par la Direction générale du Budget, les dividendes encaissés par le Trésor ont atteint 70,2 milliards de FCFA, contre 56,2 milliards un an plus tôt. Une hausse de près de 25 %, qui ne suffit toutefois pas à atteindre les 74,3 milliards attendus par le gouvernement. Le constat est d'autant plus frappant que l'État détient des participations dans de grandes entreprises comme Camtel, Camwater, le Port autonome de Douala, la Société nationale des hydrocarbures (SNH), mais aussi dans plusieurs banques, notamment SCB Cameroun, Société générale Cameroun, BICEC et BGFIBank Cameroun entres autres. Pourtant, l'essentiel des dividendes encaissés en 2025 provient de deux institutions. La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a versé 38,8 milliards de FCFA au Cameroun, contre 20,6 milliards en 2024. La SNH suit avec 20 milliards, contre 20,9 milliards un an auparavant. À elles seules, ces deux institutions ont assuré près de 84 % des recettes. La SCB Cameroun arrive loin derrière, avec 4,1 milliards de FCFA. Un portefeuille jugé "peu rentable" Dans un document présenté au Parlement en juin 2026, la Chambre des comptes de la Cour suprême avait déjà attiré l'attention sur les faibles revenus tirés des participations publiques. La juridiction évaluait alors les participations directes de l'État à 1 926,2 milliards de FCFA, réparties entre 38 entreprises contrôlées (plus de 50% du capital) et 12 entreprises non contrôlées. Mais sur les 49 entreprises retenues dans son analyse des dividendes, seulement neuf avaient effectué des versements en 2024. Lire aussi : Réforme de la SNI : Yaou Aïssatou sera-t-elle à la hauteur ? Cette année-là, plus de 74 % des dividendes provenaient déjà de la BEAC et de la SNH. La Chambre des comptes en tirait un constat sévère : « Il apparaît que sur le plan financier, les prises de participations de l'État au capital des entreprises est très peu rentable. » Selon ses calculs, le rendement des participations publiques s'établissait à seulement 2,92 % en 2024. La juridiction estimait qu'un placement financier rémunéré à un taux moyen de 6,5 % aurait pu procurer à l'État des revenus nettement supérieurs.Avec les 70,2 milliards de FCFA encaissés en 2025, le rendement indicatif atteindrait environ 3,6 %, si l'on retient la valeur du portefeuille utilisée par la Chambre des comptes pour l'exercice précédent. Cette estimation reste toutefois provisoire, faute de données actualisées sur la valeur des participations publiques à fin 2025. La SNI, plus de dix ans sans dividendes La Chambre des comptes s'était également intéressée aux participations indirectes de l'État, notamment celles détenues par la Société nationale d'investissement (SNI). Selon son rapport, la SNI possède des participations évaluées à 36,5 milliards de FCFA dans 38 entreprises. Une quinzaine d'entre elles lui versent régulièrement des dividendes. Mais ces revenus ne sont pas directement reversés au Trésor. Ils alimentent les ressources de la SNI, qui ne distribue elle-même plus de dividendes à l'État depuis plus de dix ans. La juridiction relevait pourtant que l'entreprise disposait d'un report à nouveau créditeur de 9,7 milliards de FCFA. Elle pointait aussi les prestations réalisées par la SNI pour le compte de l'État sans rémunération ni remboursement, une situation qui, selon elle, pénalise ses performances financières.La faiblesse des dividendes ne signifie cependant pas que toutes les participations publiques sont déficitaires. Certaines entreprises réinvestissent leurs bénéfices, tandis que d'autres remplissent des missions de service public qui ne répondent pas uniquement à des objectifs de rentabilité. Lire aussi :Cameroun: où est passée la réforme de la Société Nationale d’Investissement ?
Mis à jour Il y a 12h