Cameroun: L'Etat reprend en main la fiscalité locale
Malgré la promesse de décentralisation, le gouvernement camerounais a retiré aux communes le pouvoir de collecter les impôts et taxes locales.
fr.allafrica.commardi 16 juin 2026 à 12:44

Cameroun: L'Etat reprend en main la fiscalité locale Malgré la promesse de décentralisation, le gouvernement camerounais a retiré aux communes le pouvoir de collecter les impôts et taxes locales. Au Cameroun, le gouvernement a récemment retiré aux communes le pouvoir de collecter les impôts et taxes locales, au profit de la Direction générale des impôts. Le motif invoqué est de lutter contre les fraudes. Présentée comme une réforme de rationalisation fiscale, cette mesure marque une reprise en main de l'État central sur les finances locales, alors même que le pays affirme poursuivre sa décentralisation. Ainsi, à Doumaintang et à Betaré-Oya, deux communes de la région de l'Est, les attentes des populations sont nombreuses. Les routes sont dégradées, les villages sont difficiles d'accès et il y a un manque d'équipements publics. Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn Officiellement, mettre fin aux dérives À Doumaintang, le maire, Honoré Koumé voit dans cette réforme une opportunité pour remettre un peu d'ordre, alors que, selon lui, la collecte locale de l'impôt se heurtait à de nombreuses dérives. "Il faut avouer, et ça personne ne le démentira, que l'inflation des comportements déviant tant au niveau des agents de collecte qu'au niveau même de la maîtrise des procédures, faisait que le taux d'évasion fiscale, à ce niveau-là, était très élevé, explique-t-il. Les nombreux conflits qu'on a dans les cités entre les agents communaux et les commerçants dans les marchés, et avec les motos-taxis, témoignent effectivement de cette difficulté à pouvoir maîtriser la matière fiscale." Selon Honoré Koumé, la Direction générale des impôts possède la logistique nécessaire, mais aussi la formation et l'expertise reconnue pour percevoir les impôts. Mais à Betaré-Oya, le maire, Nicolas Baba, émet des réserves sur cette réforme. Il estime que la décentralisation doit être exercée par la base. Un frein pour le développement local ? La réforme annoncée par l'Etat risque de priver les communes d'une source importante de revenus et donc, de freiner le développement local. Pour Nicolas Baba, "les projets que nous avons promis à nos populations, nous sommes loin de les réaliser. Quand on a parlé de la décentralisation, on a dit : enfin, les choses au niveau de la base vont commencer à bouger. Donc tous les projets, on va les mettre dans les tiroirs, en attendant que les choses deviennent plus claires ?" Cette réforme répondrait à la volonté de l'État de mieux encadrer la gestion des finances locales. Plusieurs communes, notamment celle de Nkongsamba, ont, en effet, été éclaboussées, ces dernières années, par des accusations de détournement de fonds, de mauvaise gouvernance ou d'irrégularités budgétaires. Dans les plus de 360 communes du Cameroun, les prochains mois permettront de mesurer l'impact réel de cette réforme sur les finances locales et sur la capacité des communes à répondre aux attentes de leur population. Cameroun Afrique de l'Ouest Finance Afrique Centrale AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici. AllAfrica est la voix de l'Afrique. par l'Afrique et sur l'Afrique. Nous collectons, produisons et distribuons plus de 600 articles et nouvelles par jour provenant de plus de 90 organes de presse du continent, de nos propres journalistes et de centaines d'autres sources vers un public africain et mondial. Nous opérons à partir de Cape Town, Dakar, Abuja, Johannesburg, Nairobi et Washington DC. Support our work Pour les annonceurs Souscrivez © 2026 AllAfrica Politique de confidentialité Contactez-nous Nous découvrir
Mis à jour 16 juin