Cameroun-Maroc : vers une collaboration économique renforcée
Le Cameroun accueille la mission économique « CFC Africa Tour » pour renforcer les investissements marocains, avec un focus sur les secteurs clés comme le cacao, le café, et l'aquaculture.
alwihdainfo.comjeudi 11 juin 2026 à 11:36

Après avoir reçu Salem Saeed Alshami, ambassadeur des Émirats Arabes Unis au Cameroun, une audience a été accordée à Abdelkader Jamoussi, ambassadeur du Royaume du Maroc au Cameroun, accompagné de Hicham Chaoudri, directeur des affaires institutionnelles et des partenariats africains à la Casablanca Finance City (CFC). La rencontre s’est tenue en présence du secrétaire exécutif du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), Omer Maledy, et de Mme le délégué régional de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA) pour la région du Centre. L’ordre du jour était clair : préparer le terrain pour la mission économique « CFC Africa Tour », qui fera escale au Cameroun en novembre prochain. Initiative publique marocaine de premier plan, la Casablanca Finance City ambitionne de faire de la métropole chérifienne une grande place financière africaine, en servant de pont entre les investisseurs internationaux et les économies du continent. « Nous avons les plus grandes entreprises américaines, européennes et asiatiques qui veulent investir en Afrique dans divers secteurs à partir de Casablanca. Toutes les entreprises qui sont dans notre écosystème s’intéressent beaucoup au Cameroun, raison pour laquelle nous sommes là », a déclaré Hicham Chaoudri, soulignant le rôle de trait d’union que joue la CFC entre les grands groupes privés internationaux et les acteurs locaux. L’enjeu des échanges était d’identifier les secteurs prioritaires dans le cadre des investissements directs marocains au Cameroun, de la signature de contrats commerciaux et de la création de joint-ventures avec les entreprises locales. Prenant la parole, le ministre Mbarga Atangana a d’emblée rappelé que le développement du secteur privé, encadré par l’État, constitue l’une des priorités de la politique du président de la République Paul Biya. Il a également mis en avant la vision du Chef de l’État en faveur d’une transformation structurelle de l’économie nationale, fondée sur la valorisation locale des matières premières. Tour à tour, le ministre a passé en revue les filières phares. Sur le cacao et le café, le Cameroun peut se targuer d’occuper une position d’exception : le cacao camerounais figure parmi les 5% des meilleures productions mondiales, et le café national (Arabica comme Robusta) enregistre des notes qualitatives atteignant 90/100. Peu de pays au monde produisent ces deux variétés à la fois. Autant d’atouts qui fondent l’attractivité d’un terroir reconnu. S’agissant du palmier à huile, le ministre a souligné l’urgence d’investissements massifs. Le Cameroun dispose d’unités de raffinage d’une capacité installée de 800 000 tonnes, mais la production nationale plafonne à 300 000 tonnes, révélant un déficit structurel considérable en matière première. Or, l’huile de palme irrigue l’ensemble de la chaîne agroalimentaire, bien au-delà des seules huiles de table et du savon. L’aquaculture a également été identifiée comme un secteur porteur : avec une consommation nationale estimée à 500 000 tonnes de poisson contre une production nationale de 200 000 tonnes, le potentiel des plans d’eau camerounais reste largement sous-exploité. Même constat pour le coton : le Cameroun produit environ 300 000 tonnes, mais celles-ci sont exportées quasi exclusivement à l’état brut. La part de la transformation locale, qui atteignait déjà le modeste seuil de 4% il y a quelques années, ne représente plus aujourd’hui que 2% à peine. Au-delà de la richesse de ses filières, le Cameroun offre aux investisseurs un cadre rassurant, conjuguant stabilité institutionnelle, diversité des ressources naturelles et disponibilité d’une jeunesse qualifiée et réceptive. Des secteurs comme les infrastructures, l’écotourisme, la logistique, les énergies renouvelables et les minerais complètent le tableau d’un pays aux potentialités multiples.
Mis à jour 13 juin