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Cameroun - Ndokoti : l’odeur des détenus fait taire la salle d’audience

Le 26 octobre 2026, une odeur nauséabonde attribuée aux conditions de détention a perturbé les audiences du tribunal de Ndokoti, à Douala. Les avocats en font u...

Cameroun,Cameroon Camer.be, l'information claire et nette::Cameroun,Cameroon,CAM — rssPar Toto Jacquesjeudi 5 novembre 2026 à 01:31
Cameroun - Ndokoti : l’odeur des détenus fait taire la salle d’audience
Le 26 octobre 2026, une odeur nauséabonde attribuée aux conditions de détention a perturbé les audiences du tribunal de Ndokoti, à Douala. Les avocats en font un symbole. Le ministère de la Justice, lui, n’a rien publié. Une salle d’audience, une odeur, un arrêt Le 26 octobre 2026, au tribunal de première instance de Ndokoti, à Douala, les débats n’ont pas été interrompus par un avocat qui plaide, un témoin qui refuse de parler, ou un juge qui renvoie l’affaire. Ils l’ont été par une odeur. Une odeur nauséabonde, attribuée par plusieurs avocats aux conditions de détention des prévenus, a envahi la salle d’audience et perturbé le déroulement des audiences. L’incident a été suffisamment marquant pour que des avocats le rapportent et le qualifient publiquement de problème de dignité. Ce que l’odeur dit, et ce qu’elle cache Une odeur corporelle n’est pas une opinion. C’est un symptôme. Celui d’un séjour prolongé en détention sans accès à l’eau, au savon, à des vêtements propres, à des sanitaires fonctionnels. Dans les commissariats et les cellules de garde à vue de Douala, les signalements de ce type ne datent pas d’hier. Ils remontent à loin. Ils sont documentés par des rapports d’organisations de défense des droits humains, par des avocats, par des familles de détenus. Ce qui est nouveau, ici, c’est la scène. Pas une cellule. Pas un couloir. Un prétoire. L’endroit où l’État est censé rendre la justice dans des conditions qui la rendent crédible. Une question, alors. Comment juger un homme que l’on n’a pas pu laver ? Comment plaider pour lui quand l’air de la salle empêche de respirer ? Et surtout : que dit-on aux victimes qui attendent, dans cette même salle, que la justice passe ? Les avocats, premiers témoins d’un système à bout Les avocats du barreau de Douala connaissent ces situations. Ils les côtoient. Ils les dénoncent parfois. Le 26 octobre, ils l’ont fait en salle d’audience, au moment où l’odeur est devenue un obstacle matériel à la tenue des débats. Aucune déclaration nominative ne nous est parvenue. Mais le fait qu’ils aient publiquement attribué l’odeur aux conditions de détention, et non à une cause accidentelle, en dit long sur le niveau de saturation. Un avocat qui interrompt une audience pour une odeur, ce n’est pas un avocat qui fait du théâtre. C’est un avocat qui constate que le prétoire est devenu le prolongement de la cellule. Le silence de l’institution Ce silence n’est pas anodin. Il place l’incident dans une zone grise : celle des faits connus de tous, mais non inscrits dans un document officiel. C’est précisément là que les problèmes de détention prospèrent. Tant qu’aucun procès-verbal ne consigne l’incident, tant qu’aucune inspection ne le mentionne, tant qu’aucun rapport parlementaire ne s’en saisit, l’odeur reste une anecdote. Elle ne devient pas une politique publique. Derrière l’odeur, la surpopulation Le Cameroun compte plusieurs dizaines de milliers de détenus pour une capacité carcérale officielle largement inférieure. À Douala, la prison centrale de New Bell est régulièrement décrite comme l’une des plus saturées du pays. Les cellules de garde à vue des commissariats, elles, ne sont pas mieux loties. Les détenus y passent parfois des semaines avant leur première comparution. Ce n’est pas une question de moyens uniquement. C’est une question d’organisation. Un détenu qui comparaît sale, c’est un détenu qu’on n’a pas changé de cellule depuis longtemps. C’est un détenu qu’on n’a pas conduit à la douche. C’est un détenu qu’on n’a pas extrait à temps pour une audience. Chaque étape de ce parcours est une défaillance administrative. L’odeur n’est que la somme de ces défaillances. Ce que cet incident change (ou pas) À court terme, probablement rien. Les audiences reprendront. Les prévenus retourneront en cellule. La salle sera aérée. L’odeur disparaîtra. Ce n’est pas un scandale qui fait tomber un gouvernement. Mais à moyen terme, l’incident du 26 octobre rejoint une série d’alertes : sursis de détenus, décès en garde à vue, refus d’accès aux avocats, audiences renvoyées faute de transport. Chacune de ces alertes a été dénoncée. Aucune n’a, à elle seule, déclenché de réforme. Leur accumulation, en revanche, commence à peser. Le barreau, les ONG, les organisations internationales documentent. La question est de savoir si l’État camerounais, lui, écoute. Le 26 octobre, à Ndokoti, c’est l’odeur qui a parlé. Pas les institutions. Que s’est-il passé au tribunal de Ndokoti le 26 octobre 2026 ?Une odeur nauséabonde a envahi la salle d’audience et perturbé les audiences. Des avocats l’ont attribuée aux conditions de détention des prévenus. Le déroulement normal des débats a été interrompu. Pourquoi les détenus sentent-ils mauvais ?Parce qu’ils passent du temps en cellule sans accès régulier à l’eau, au savon, à des sanitaires propres, ni à des vêtements de rechange. L’odeur n’est pas une fatalité : c’est le résultat de conditions de détention dégradées. Est-ce que ça arrive souvent ?Les signalements de ce type sont réguliers dans les juridictions de Douala. Ce qui est rare, c’est que l’incident se produise en salle d’audience et perturbe publiquement les débats. Qu’est-ce que ça change, concrètement ?À court terme, pas grand-chose : les audiences reprendront. Mais l’incident s’ajoute à une série d’alertes sur les conditions de détention au Cameroun. Le fait qu’il se soit produit au tribunal, et non en cellule, lui donne une portée symbolique plus forte. Les autorités ont-elles réagi ?Aucune réaction officielle du parquet de Ndokoti, du ministère de la Justice ou du barreau de Douala n’a été rendue publique à notre connaissance. C’est un point à vérifier avant publication. Est-ce que c’est une question de moyens ou d’organisation ?Les deux. Le manque de moyens est réel. Mais l’absence d’extraction à temps, l’absence de douche avant comparution, l’absence de tenue propre relèvent aussi de l’organisation et du suivi administratif.
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