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Cameroun : quand l’organe chargé de combattre la corruption avoue son impuissance

Sur les 270 organismes sollicités pour contribuer au rapport 2025 sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun, seuls 112 ont répondu. Les 158 autres n’ont donné aucune suite. Cette faible participation illustre les difficultés rencontrées par la Conac pour obtenir des informations aup...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZsamedi 24 octobre 2026 à 16:293 vues
Cameroun : quand l’organe chargé de combattre la corruption avoue son impuissance
Sur les 270 organismes sollicités pour contribuer au rapport 2025 sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun, seuls 112 ont répondu. Les 158 autres n’ont donné aucune suite. Cette faible participation illustre les difficultés rencontrées par la Conac pour obtenir des informations auprès des administrations et organismes concernés. Créée le 11 mars 2006, la Commission a pourtant multiplié les campagnes de sensibilisation, les enquêtes et les mécanismes de dénonciation. Mais ces initiatives n’ont pas permis d’endiguer les pratiques de corruption. Dans l’avant-propos du rapport, Dieudonné Massi Gams reconnaît également que les recommandations formulées à l’issue des investigations ne sont pas toujours suivies d’effets dans les délais attendus. « Après deux décennies d’existence, le parcours de la CONAC n’est ni une réussite totale ni un échec », écrit-il, tout en mettant en avant les progrès accomplis en matière de prévention et de sensibilisation. Les limites de l’institution sont aussi juridiques. Le décret du 11 mars 2006 l’autorise à recevoir des dénonciations, à mener des investigations et à réunir des éléments de preuve. En revanche, elle ne peut pas engager elle-même des poursuites judiciaires. L’article 22 prévoit que les dossiers constitués sont transmis au président de la République pour les décisions appropriées. En cas de flagrant délit, son président peut saisir directement le ministre chargé de la Justice. À cette restriction s’ajoute l’absence de mise en œuvre effective de la déclaration des biens et avoirs des responsables publics. Prévue par l’article 66 de la Constitution et encadrée par une loi promulguée le 25 avril 2006, cette obligation demeure inappliquée, compliquant le contrôle de l’évolution des patrimoines et la détection de l’enrichissement illicite. Le coût financier des faits de corruption recensés reste considérable. Selon le rapport, les préjudices identifiés ont atteint 6,27 milliards de FCFA en 2025, contre 4,06 milliards en 2024. Ces chiffres correspondent aux pertes relevées par les mécanismes de contrôle et d’investigation pris en compte dans le document, et non à une estimation exhaustive du coût de la corruption dans le pays. Face à ces difficultés, la CONAC réclame une actualisation de la législation anticorruption, un meilleur suivi des recommandations et une protection renforcée des dénonciateurs. Il préconise également davantage de moyens pour la Commission ainsi que le recours aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle pour améliorer la prévention et la détection des infractions.
Mis à jour 24 oct.
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