Passer au contenuPasser à la navigation
JAPAP
Retour
politique

Cameroun : un an après sa réélection, Paul Biya face aux critiques de l’opposition et de la société

Un an après son investiture pour un huitième mandat, Paul Biya est confronté aux critiques sur les promesses de renouveau non tenues. L’opposition dénonce l’immobilisme du pouvoir, tandis que le camp présidentiel défend

dw.comvendredi 6 novembre 2026 à 22:30
Cameroun : un an après sa réélection, Paul Biya face aux critiques de l’opposition et de la société
Douze mois après la prestation de serment du 6 novembre 2025, aucun remaniement n'a eu lieu et l'équipe du Premier ministre Joseph Dion Ngute expédie toujours les affaires courantes. Pour l'opposition, la déception est générale. Jojo Bedimo Kouo, directeur de la communication du Mouvement pour la nouvelle indépendance et la démocratie, le Manidem. "Le bilan que tout le monde observe : une année de catastrophe, une année où nous avons plongé un peu plus dans l'abîme, mais ce n'est pas une année d'inertie, c'est une année de reculade", estime Jojo Bedimo Kouo. "Vous savez, nous qui avons refusé que Paul Biya soit élu le 12 octobre 2025, les événements nous ont malheureusement donné raison, parce qu'en 2025, il était déjà un président absent, et en 2026, un an après, c'est pire encore. Là, il a totalement disparu." Paul Biya tient toujours les rênes, assurent les soutiens au pouvoir De nombreuses personnes interpellées lors des contestations postélectorales, comme Dominique Djeukam Tchameni, sont toujours en prison. Tandis que le candidat malheureux de l'élection présidentielle, Issa Tchiroma Bakary, a pris le chemin de l'exil en Gambie, dès novembre 2025. Le bilan humain des contestations du dernier scrutin présidentiel fait état de 16 morts selon le gouvernement, plus de 55, selon des organisations comme Human Rights Watch. Pourtant, du côté des soutiens au pouvoir, on tient à souligner que Paul Biya tient toujours les rênes. David Edoung Ndoun, président départemental de la Jeunesse présidentielle à Douala. "Nous pensons bien que le chef de l'État maîtrise la situation. Les choses ont beaucoup évolué, comme la nationalisation des sociétés. Il a déjà nationalisé Eneo qui est devenue Socadel (Société camerounaise d'électricité). Les poubelles qui jonchaient partout, ça disparaît déjà progressivement. Vous voyez comment les choses se maîtrisent, même au niveau des impôts. La jeunesse est plus vaillante maintenant et consentante. Il n'y a plus le désordre", assure David Edoung Ndoun. Le Cameroun, un pays qui navigue à vau-l'eau ? Une thèse officielle qui contraste avec la réalité d'un pays que l'opposition juge miné par le chômage, la corruption et une crise économique endémique. Sans oublier le conflit qui persiste en zone anglophone. Jojo Bedimo Kouo, du Manidem. "Ils ne voient pas plus loin que leurs intérêts personnels, c'est-à-dire ce qu'ils y gagnent en présentant toujours une image de Biya qui n'existe plus. Ils ont voulu qu'on ait un président fantoche. C'est juste une image qu'ils manipulent derrière, c'est-à-dire une marionnette entre leurs mains et c'est ce que nous observons aujourd'hui", assure-t-il. "Nous avons un pays qui a perdu tout contrôle, un pays qui navigue à vau-l'eau. Nous voyons les grosses affaires pendantes, dont la plus médiatisée, l'affaire Martinez Zogo… Les détournements qui restent massifs, les féminicides et tout…" La formation d'un nouveau gouvernement se fait attendre La question hante l'esprit de Samory Tchameni, le fils de Djeukam Tchameni, toujours incarcéré. Il se demande à quoi a servi cette élection. En effet, la répression des opposants se poursuit de manière brutale, comme l'a montré la mort en détention, en décembre 2025, d'Anicet Ekané, le président fondateur du Manidem. Face aux accusations de vacance du pouvoir, David Edoung Ndoun, du RDPC, explique que l'Etat est dirigé par les personnes désignées par Paul Biya. "Moi, je vous ai toujours dit que le Cameroun étant un pays démocratique, le chef de l'Etat a donné le pouvoir à ceux qui peuvent le faire, et ils sont en train de maîtriser la situation. Par exemple, dernièrement, il y a eu un parti qui a écopé de deux mois de suspension. Vous voyez que c'est une bonne chose. Les gens croyaient qu'ils étaient dans la cour du roi Pétaud (synonyme de désordre total, ndlr), mais ça ne peut pas exister au Cameroun et les choses doivent aller de l'avant", estime-t-il. Un an après sa prestation de serment, Paul Biya reste pourtant attendu sur de véritables mesures structurelles, notamment sur la formation d'un nouveau gouvernement et le décret nommant un vice-président de la République, suivant la modification de la Constitution, votée en juin dernier.
Mis à jour Il y a 16 min
Cameroun : un an après sa réélection, Paul Biya face aux critiques de l’opposition et de la société - JAPAP! · JAPAP