Cameroun: un homme brûlé vif en public dans l'ouest du pays, le chef du village recherché
Un tragique fait divers suscite colère et indignation au Cameroun depuis quelques jours. Dans le village de Baloum, près de Dschang (ouest), un jeune homme dans la vingtaine a été tué, immolé par le feu dans la cour d'une chefferie, sous les yeux de plusieurs témoins qui n'ont pas réagi. Plusieur...
rfi.frPar RFImercredi 17 juin 2026 à 00:00

Cameroun: un homme brûlé vif en public dans l'ouest du pays, le chef du village recherché Un tragique fait divers suscite colère et indignation au Cameroun depuis quelques jours. Dans le village de Baloum, près de Dschang (ouest), un jeune homme dans la vingtaine a été tué, immolé par le feu dans la cour d'une chefferie, sous les yeux de plusieurs témoins qui n'ont pas réagi. Plusieurs jours après les faits, une vidéo accablante captée pendant la commission de ces actes a été diffusée sur les réseaux sociaux. Le chef de ce village fait partie des principaux mis en cause. Publié le : 17/06/2026 - 02:00Modifié le : 17/06/2026 - 14:08 La vie de Steve, un jeune artisan du village de Baloum, dans l'ouest du Cameroun, a basculé très vite. D'abord à cause d'une accusation de vols de quelques tôles. Une foule en colère s'est emparée de lui, le traînant de force jusqu'à la cour de la chefferie traditionnelle. Les mains ligotées dans le dos, assis par terre et les pieds attachés, le jeune homme supplie et clame son innocence. « Je ne suis pas un voleur, appelez mes parents », crie t-il à la foule. En vain. Inséré dans des pneus usés, de l'essence est ensuite ajoutée, puis une bûchette d'allumette. Steve est brûlé vif. La mise à mort a été filmée, puis diffusée sur les réseaux sociaux, et l'onde de choc a été immédiate. Trois interpellations au moins ont déjà eu lieu dans le village. Les personnes arrêtées sont soupçonnées d'avoir activement participé à la mise à mort publique du jeune chaudronnier. À lire aussiCameroun: l’exécution publique de 2 civils dans le Nord-Ouest assumée par un groupe séparatiste Le chef de village recherché par la gendarmerie Le chef de village Jean Constant Noussi aurait été identifié dans la vidéo, où on peut l'entendre. « Fais ta dernière prière », dit-il à la victime suppliciée. A-t-il explicitement donné l'ordre de tuer ? Certains soutiennent que le chef de village n'était pas présent lors de la mise à mort, voire même que les faits se seraient déroulés loin de la chefferie. « On ne brûle pas un enfant », crie depuis une semaine la mère de la victime. Aux journalistes, elle a raconté avoir été mise sous pression par des notables du village et de la communauté, dans l'objectif de valider un récit qui disculperait le chef dont la fuite est désormais établie, et contre qui la famille de Steve a déposé plainte. Ce mardi, le commandant de légion de gendarmerie de la région de l'ouest a lancé un mandat d'amener contre Jean Constant Noussi. Ledit mandat évoque non pas un, mais deux meurtres qui lui sont imputés. La chefferie traditionnelle reste très influente dans la région de l'Ouest-Cameroun. Les nombreuses voix qui appellent à la justice pour les victimes depuis la diffusion de la vidéo, craignent pour certaines que l'affaire soit étouffée. La plainte contre le chef de Baloum déposée par la famille porte sur « assassinat, tentative d'assassinat, torture, non-assistance à personne en danger », entre autres. À lire aussiCameroun: l’opposant en exil Issa Tchiroma Bakary porte plainte en France contre le président Paul Biya NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
Mis à jour 17 juin