Cameroun : William Jiofack Azebaze nommé directeur général du Fonds routier
Précédemment attaché au Secrétariat général de la Présidence de la République, il succède à Essaïe Aubin Moussa à la direction de cet établissement public.
Ecomatin - Actualités économiques d'Afrique Centrale — feed.xmlPar Laurent Onguenevendredi 6 novembre 2026 à 09:01

Le Fonds routier ouvre une nouvelle page de sa gouvernance. William Jiofack Azebaze a été nommé directeur général de cet établissement public par décret du président de la République, Paul Biya, signé le 5 novembre 2026. Il remplace Essaïe Aubin Moussa, en poste depuis septembre 2021. Avant cette nomination, le nouveau dirigeant occupait les fonctions d’attaché au Secrétariat général de la Présidence de la République, poste auquel il avait été nommé par décret en août 2022. Sa prise de fonction intervient dans un contexte particulier. Le 13 novembre 2025, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, avait instruit une mission spéciale d’audit du Fonds routier couvrant la période 2022-2025. Selon une correspondance du secrétaire général des services du Premier ministre, Séraphin Magloire Fouda, adressée à l’administrateur de l’époque, cette mission devait « faire toute la lumière » sur les problèmes de gouvernance signalés au sein de l’établissement. Des mesures conservatoires avaient également été prescrites, notamment la suspension des licenciements et l’arrêt des procédures de recrutement, dans l’attente de la nomination de nouveaux dirigeants. Lire aussi: Travaux publics : le fonds routier camerounais veut auditer les performances des projets financés depuis 8 ans Cet audit constitue un enjeu important pour le nouveau directeur général, appelé à conduire une institution dont les missions ont été élargies par le décret du 10 juillet 2025. Devenu un Fonds routier de deuxième génération, l’établissement finance désormais non seulement l’entretien, mais aussi les études, la construction et la réhabilitation des infrastructures, ainsi que les indemnisations liées aux projets routiers. Il est également habilité à rechercher des financements sur les marchés financiers nationaux et internationaux. Des ressources sous pression La disponibilité des financements demeure toutefois une contrainte majeure. Selon le rapport annuel 2024 du Fonds routier, sur les 50 milliards de FCFA prévus dans la loi de finances, seuls 35 milliards ont été effectivement reçus. Les décomptes en attente de règlement pour insuffisance de ressources atteignaient 11,891 milliards de FCFA au 31 décembre 2024. Lire aussi: Transports: les solutions du Fonds routier pour améliorer l’entretien routier Cette situation contraste avec l’ampleur des besoins du réseau routier. Au 31 décembre 2025, celui-ci s’étendait sur 121 873 km, dont 10 939,92 km de routes revêtues, selon le ministère des Travaux publics. Une grande partie des infrastructures nécessite donc des interventions d’entretien, de réhabilitation ou de construction. William Jiofack Azebaze devra ainsi concilier l’assainissement de la gouvernance, la mobilisation de ressources supplémentaires et l’amélioration des paiements aux entreprises. Il lui faudra également rendre pleinement opérationnelle la réforme de 2025, alors que le Fonds recherchait encore, en 2026, un consultant pour accompagner sa transformation organisationnelle.
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