CCA-Bank à Bafoussam : une inauguration qui interroge encore
Le 28 octobre 2026, le gouverneur de l’Ouest, AWA FONKA Augustine, a inauguré deux agences CCA-Bank à Bafoussam, au Marché B et au Marché Bigmup. Préfet, sous-préfets, PCA et directrice générale étaient là. La photo est belle. Mais derrière le ruban coupé, une question revient : cette expansion r...
237onlinePar Laurent Dibyjeudi 29 octobre 2026 à 06:171 vues

Le 28 octobre 2026, le gouverneur de l’Ouest, AWA FONKA Augustine, a inauguré deux agences CCA-Bank à Bafoussam, au Marché B et au Marché Bigmup. Préfet, sous-préfets, PCA et directrice générale étaient là. La photo est belle. Mais derrière le ruban coupé, une question revient : cette expansion règle-t-elle les problèmes d’une banque qui traîne un lourd passé ? Franchement, le décor ne suffit pas à rassurer. Une expansion rapide avec des dossiers encombrants L’ouverture de ces deux points de vente prolonge une croissance entamée depuis des années. Née à Bafoussam en 1997 comme établissement de microfinance, elle est devenue banque universelle en 2018. Elle revendique aujourd’hui 42 agences et 51 distributeurs. Le chiffre fait mal quand on le rapporte aux incidents connus. À Bafoussam, le marché B et Bigmup drainent des commerçants qui manipulent du cash tous les jours. Une agence qui ouvre là doit inspirer confiance dès le premier dépôt. En août 2026, le groupe cybercriminel Everest a revendiqué l’exfiltration de 19 Go de données, soit 11 837 fichiers, dont des dossiers de crédit et des documents KYC/AML. La banque n’a jamais confirmé l’incident publiquement. On ne sait pas encore ce qui a réellement circulé. Entre 2016 et 2018, un détournement interne de près de 924 millions FCFA avait déjà été découvert, avec des écritures informatiques manipulées pour gonfler des comptes avant retrait aux guichets. Le rapport d’expertise parlait de « failles dans le système » sans établir toutes les complicités. La confiance des clients, angle mort Sur le terrain, des clients signalent des billets suspects aux distributeurs de la CCA. Le nom revient plus souvent que d’autres dans les témoignages recueillis à Douala et Yaoundé. Aucune plainte publique documentée, rien ne confirme à ce stade une fraude organisée. Mais l’accumulation pèse. La COBAC n’a pas publié de décision publique récente sur la CCA. Rien ne permet d’affirmer qu’une sanction se prépare. Des sources internes évoquent un ratio de solvabilité préoccupant, des retraits massifs de clients institutionnels et des retards dans les opérations courantes. En avril 2025, la banque a obtenu un prêt d’environ 15 millions d’euros, soit près de 7 milliards FCFA, auprès de la Société islamique pour le développement du secteur privé. Une perfusion utile. Pas un remède structurel. Le signal est clair : la croissance des agences avance plus vite que la réparation des fondations. Bafoussam offre une vitrine neuve. Reste à savoir si CCA-Bank peut sécuriser les dépôts, protéger les données clients et convaincre la COBAC. Les prochains mois trancheront. La balle est dans le camp de la direction. Elle a intérêt à jouer serré. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
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