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CDC : 152 palmiers détruits en une semaine, la guerre des terres s’intensifie à Esuke

Une nouvelle vague d’accaparement de terres secoue la plantation de palmiers à huile d’Esuke, gérée par la Cameroon Development Corporation (CDC), le long de la route Mutengene-Limbe. En l’espace d’une semaine, 152 jeunes palmiers ont été détruits lors de deux incidents distincts. Le mercredi 26 ...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actueljeudi 27 août 2026 à 20:57
CDC : 152 palmiers détruits en une semaine, la guerre des terres s’intensifie à Esuke
Une nouvelle vague d’accaparement de terres secoue la plantation de palmiers à huile d’Esuke, gérée par la Cameroon Development Corporation (CDC), le long de la route Mutengene-Limbe. En l’espace d’une semaine, 152 jeunes palmiers ont été détruits lors de deux incidents distincts. Le mercredi 26 août, des opérateurs de scies mécaniques, escortés par les forces de sécurité selon des témoins, ont investi la plantation pour la deuxième fois, abattant 100 palmiers. Cette destruction survient moins d’une semaine après l’abattage de 52 palmiers sur la même plantation. Les auteurs de ces actes, qui se réclament de la Communauté musulmane de Mutengene, revendiquent la plantation de 44 hectares, qui fait partie du domaine de palmiers à huile de Bota, appartenant à la CDC. Ils affirment vouloir y construire une mosquée de 3 000 places, un hôpital et un centre d’accueil pour personnes déplacées. Des témoins ont déclaré à des journalistes que les opérateurs de scies mécaniques étaient escortés par des policiers, des gendarmes et des militaires. Les opérateurs, selon leurs dires, avaient été recrutés à Douala après que ceux de Mutengene aient refusé d’effectuer le travail, le jugeant illégal. Cette destruction survient alors que les autorités administratives – le préfet de Fako, Viang Mekala, et le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai – gardent le silence, malgré leur commandement des forces de sécurité déployées pour surveiller cette opération illégale. Des observateurs pointent du doigt des responsables administratifs masqués qui semblent soutenir la prétendue communauté musulmane. Le directeur général de CDC, Franklin Ngoni Njie, a dénoncé la destruction, affirmant que la société n’avait reçu aucune autorisation de la présidence pour céder une quelconque partie de ses terres. Il a précisé qu’un décret présidentiel de 2020 suspendant toutes les cessions de terres par CDC restait en vigueur. Les palmiers détruits n’avaient que dix ans et étaient à leur apogée, a déclaré M. Ngoni Njie, ajoutant que si CDC souhaitait céder des terres, ce ne serait pas cette partie de la plantation. La CDC a traditionnellement cédé des terres à plusieurs communautés de la division de Fako, mais ces cessions suivent une procédure administrative structurée et autorisée par la Présidence. En 2020, la Présidence a suspendu toutes les cessions de terres afin de permettre à la société de se reconstruire après que la crise anglophone qui a suivi ait failli la ruiner. Au début de cette crise qui a duré une décennie, les employés de la CDC ont été agressés à plusieurs reprises, contraignant nombre d’entre eux à abandonner leur travail dans plusieurs exploitations. Il en a résulté une chute dévastatrice de la production et des revenus, et la société ne s’en est toujours pas remise, malgré des progrès significatifs. Alors que la société commençait à se stabiliser, un nouveau problème est apparu : l’accaparement des terres. Les chefs traditionnels, les autorités administratives et l’élite locale de Fako ont souvent été accusés d’orchestrer des tentatives de s’emparer des terres de la CDC à des fins personnelles. Les empiètements passés sur les exploitations de la CDC ont souvent suscité des réactions tièdes de la part des autorités administratives, notamment du sous-préfet et du gouverneur, qui interviennent rarement de manière décisive malgré leur commandement des forces de sécurité chargées de la protection des biens de l’État. Cette inaction administrative persistante a encouragé des groupes à revendiquer des terres appartenant à la CDC, compromettant ainsi le redressement de l’entreprise et menaçant les moyens de subsistance de milliers de travailleurs. Avant le début du conflit armé anglophone en 2017, la CDC s’enorgueillissait d’être le deuxième employeur du pays après l’État. Aujourd’hui, elle lutte pour sa survie. La direction et les employés de l’entreprise appellent les autorités à intervenir pour protéger la plantation, qu’ils considèrent comme essentielle à leurs moyens de subsistance et au redressement de l’entreprise.
Mis à jour 27 août
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