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« Ce ne sont pas les lanceurs d’alerte qui salissent le Cameroun » : Stéphane Menounga tance la gouvernance du régime Biya

Le débat sur le rôle des lanceurs d’alerte dans la perception du Cameroun à l’étranger continue de susciter des réactions. Sur le plateau de Canal Presse, Stéphane Menounga a pris le contre-pied de ceux qui accusent ces acteurs de ternir l’image du pays. Pour le politologue, la responsabilité inc...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZdimanche 23 août 2026 à 15:091 vues
« Ce ne sont pas les lanceurs d’alerte qui salissent le Cameroun » : Stéphane Menounga tance la gouvernance du régime Biya
Le débat sur le rôle des lanceurs d’alerte dans la perception du Cameroun à l’étranger continue de susciter des réactions. Sur le plateau de Canal Presse, Stéphane Menounga a pris le contre-pied de ceux qui accusent ces acteurs de ternir l’image du pays. « Les véritables problèmes sont ailleurs » « Les premiers responsables de l’image du Cameroun » Pour le politologue, la responsabilité incombe avant tout aux réalités vécues par les populations. « Qui a même dit que ce sont les lanceurs d’alerte qui salissent le Cameroun ? C’est notre gouvernance, nous-mêmes », a-t-il lancé. Afin d’étayer son propos, il s’est appuyé sur l’exemple de l’insalubrité dans certaines villes. « Les poubelles qu’on a vues là, ce sont les lanceurs d’alerte qui disaient qu’il y a des poubelles au Cameroun ? (…) Quand quelqu’un récupère ça et le présente sur Internet, ça fait le tour du monde. Vous allez dire qu’il salit le Cameroun. Est-ce qu’il a inventé les poubelles ? », s’est-il interrogé. « Les véritables problèmes sont ailleurs » Au-delà de la question des déchets, Stéphane Menounga estime que les difficultés rencontrées par les Camerounais trouvent leur origine dans la gestion des affaires publiques. « Il n’y a pas l’électricité. Ce sont les lanceurs d’alerte ? Depuis 2009, on a dépensé 1 800 milliards pour les barrages. Où est l’électricité ? Ce sont les lanceurs d’alerte ? », a-t-il poursuivi. Selon lui, le débat public s’égare lorsqu’il cherche des responsables secondaires au lieu de s’attaquer aux causes profondes. « Au lieu de vous attaquer aux véritables problèmes, vous partez vous attaquer aux responsables subsidiaires de nos problèmes. Nos problèmes, ce sont ceux qui nous gouvernent », a affirmé le politologue. Il reconnaît toutefois que les lanceurs d’alerte peuvent être instrumentalisés, mais estime que cette instrumentalisation n’est rendue possible que par les insuffisances de la gouvernance.« Même quand on utilise les lanceurs d’alerte, on utilise les failles d’une gouvernance », a-t-il expliqué. « Les premiers responsables de l’image du Cameroun » Pour Stéphane Menounga, l’image du pays dépend avant tout de la qualité des politiques publiques. « Les premiers responsables de l’image du Cameroun, ce sont nos gouvernants », a-t-il insisté. Il a rappelé que les attentes des citoyens concernent des questions concrètes telles que l’accès aux services essentiels. « Pour avoir de l’eau, ce n’est pas un lanceur d’alerte, c’est un responsable du gouvernement. Pour avoir de l’électricité, c’est un responsable du gouvernement. Pour avoir du travail, c’est un responsable du gouvernement », a-t-il déclaré. L’universitaire a enfin appelé à recentrer le débat sur les préoccupations des populations plutôt que sur les affrontements politiques. « Il faudra, à un moment, qu’on soit sérieux et qu’on pose les problématiques pour le Cameroun et les Camerounais, et non des problématiques partisanes », a-t-il plaidé. En guise de conclusion, Stéphane Menounga a rappelé, selon lui, le caractère éphémère des dirigeants face à la permanence de l’État. « Oum Nyobè est passé, le Cameroun est resté. Ahidjo est passé, le Cameroun est resté. Tous ceux qui sont là vont passer, le Cameroun va rester », a-t-il conclu.
Mis à jour 23 août
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