CEMAC : les investisseurs camerounais prêtent deux fois plus aux États voisins qu'à leur propre pays (BEAC)
Pour les investisseurs camerounais, cette progression signifie également une exposition croissante aux finances publiques des pays voisins: EcoMatin décrypte les chiffres de la BEAC
Ecomatin - Actualités économiques d'Afrique Centrale — feed.xmlPar Simon Pierre Mbargalundi 2 novembre 2026 à 13:281 vues

Les investisseurs établis au Cameroun concentrent désormais plus de la moitié des titres publics en circulation dans la CEMAC. Selon les dernières statistiques de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), ils détenaient, à fin septembre 2026, un portefeuille de 5 536,5 milliards de FCFA, soit 50,3 % de l’encours régional, évalué à 11 016,7 milliards. Une position qui confirme le poids du marché financier camerounais dans le financement des six États de la sous-région. Fait notable, les investisseurs établis au Cameroun détiennent davantage de titres émis par les autres États de la CEMAC que par leur propre pays. Sur les 5 536,5 milliards de FCFA recensés par la BEAC, seuls 1 855,3 milliards, soit 33,5 %, correspondent à des emprunts du Trésor camerounais. Les 3 681,2 milliards restants, représentant les deux tiers du portefeuille, sont investis dans la dette des cinq autres États membres.Le Congo et le Gabon en sont les principaux bénéficiaires. Les investisseurs camerounais détiennent 1 408,9 milliards de FCFA de titres congolais et 1 293,3 milliards de titres gabonais. À eux seuls, ces deux pays captent 2 702,2 milliards de FCFA de capitaux placés depuis le Cameroun, soit près de 49 % du portefeuille total. Suivent le Tchad avec 545,9 milliards, la Centrafrique avec 335,7 milliards et la Guinée équatoriale avec 97,4 milliards. Lire aussi: CEMAC : le coût du crédit recule à 10,99 %, les banques relancent leurs financements Cette répartition fait du Cameroun une source majeure de financement pour les Trésors publics voisins. À titre d'illustration, les investisseurs camerounais détiennent 46,4 % de l'encours des titres publics congolais, 35,3 % de celui du Gabon et 69,4 % de celui de la Centrafrique. Le phénomène est d'autant plus remarquable que le Cameroun ne représente lui-même que 19,8 % de la dette émise sur le marché régional, loin derrière le Gabon (33,3 %) et le Congo (27,6 %). Cette concentration s'explique notamment par le poids des banques et des autres investisseurs financiers dans le marché des titres publics de la CEMAC. À l'échelle régionale, les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), principalement des banques agréées pour participer directement aux émissions, détiennent 6 920,4 milliards de FCFA, soit 62,8 % des titres en circulation. Le Cameroun, premier marché bancaire de la région est évidemment le plus dynamique sur le segment de la dette publique. En 2025, le total bilan du secteur bancaire camerounais s’est établi à 12 720,8 milliards de FCFA, soit 46,2 % des 27 536 milliards de FCFA enregistrés à l’échelle de la CEMAC. Le Cameroun concentre ainsi près de la moitié des actifs bancaires de la sous-région, confirmant sa place de premier marché bancaire d’Afrique centrale. Lire aussi: CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54 Pour les investisseurs camerounais, cette progression signifie également une exposition croissante aux finances publiques des pays voisins. La BEAC ne fournit cependant pas, dans ce rapport, de données permettant d'apprécier la concentration de ces placements par établissement ou leur poids dans les bilans bancaires. Deux informations essentielles pour mesurer les risques associés à cette position dominante.
Mis à jour Il y a 1j