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CEMAC : Stéphane Menounga dévoile les 5 ruptures pour sortir du sous-développement

Repenser la monnaie, transformer les matières premières sur place, réformer l’éducation, renforcer les institutions et accélérer l’intégration régionale : Paul Stéphane Menounga propose cinq grandes ruptures pour permettre à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) de m...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuellundi 24 août 2026 à 06:011 vues
CEMAC : Stéphane Menounga dévoile les 5 ruptures pour sortir du sous-développement
Repenser la monnaie, transformer les matières premières sur place, réformer l’éducation, renforcer les institutions et accélérer l’intégration régionale : Paul Stéphane Menounga propose cinq grandes ruptures pour permettre à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) de mieux convertir ses ressources en développement. Dans une tribune intitulée « De la souveraineté juridique à la souveraineté réelle : les 5 ruptures qui peuvent sauver la CEMAC », Paul Stéphane Menounga estime que le problème de l’Afrique centrale ne réside plus dans le manque de ressources, mais dans la capacité à les transformer en richesses, en emplois et en amélioration des conditions de vie. Selon lui, la sous-région dispose des atouts nécessaires pour construire son propre modèle de développement, mais souffre d’un déficit de stratégie, de leadership et d’efficacité institutionnelle. Lire la tribune de Paul Stéphane Menounga : DE LA SOUVERAINETÉ JURIDIQUE À LA SOUVERAINETÉ RÉELLE : LES 5 RUPTURES QUI PEUVENT SAUVER LA CEMAC La question du développement de la CEMAC ne peut plus être posée en termes de manque de ressources. Le vrai enjeu réside dans notre capacité à transformer nos potentialités en richesses, nos richesses en emplois, et nos emplois en amélioration concrète des conditions de vie. L’Afrique centrale a les ressources pour construire son propre modèle. Ce qui lui manque, c’est une stratégie cohérente, un leadership capable de la porter et des institutions capables de l’exécuter. La sortie du sous-développement passera par les axes ci-après : RECONSTRUIRE UNE VÉRITABLE SOUVERAINETÉ POLITICO-ÉCONOMIQUE Sur la monnaie : la CEMAC doit soulever le débat franc sur le franc CFA. Soit on le réforme en profondeur avec contrôle total de nos réserves et politique monétaire autonome, soit on prépare une monnaie CEMAC souveraine. Sur les accords : faire l’inventaire de tous les accords de coopération, commerciaux et de défense puis les réformer ou annuler simplement. Sur l’économie : passer de l’économie d’extraction à l’économie de transformation. Pétrole, bois, cacao, coton, gaz, minerais doivent être transformés sur place. Une sous-région qui exporte brut et réimporte fini, exporte ses emplois et importe son chômage. RÉFORMER PROFONDÉMENT NOS SYSTÈMES ÉDUCATIFS L’école africaine doit cesser de produire des demandeurs d’emploi. Elle doit produire des créateurs de valeur comme des ingénieurs, des techniciens, des entrepreneurs, des chercheurs, des innovateurs. Il faut inverser la logique et passer de « former pour chercher un emploi » à « former pour créer de la valeur ». La formation professionnelle, les sciences, les technologies et l’entrepreneuriat doivent devenir le cœur du système. CONSTRUIRE DES INSTITUTIONS PLUS FORTES QUE LES INDIVIDUS Le développement ne peut dépendre de la volonté d’un seul homme. Il faut des institutions capables de planifier sur 20 ans, d’exécuter, de contrôler et d’évaluer. La lutte contre la corruption n’est pas une question morale, c’est une politique de développement car chaque franc détourné, est une route non construite, une école non équipée, un hôpital sans médicaments. RENFORCER L’INTÉGRATION ÉCONOMIQUE RÉELLE DE LA CEMAC Pris séparément, nos marchés sont faibles. Intégrés, nous sommes 51 millions de consommateurs et producteurs. La libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des compétences doit cesser d’être un slogan pour devenir une réalité. Pourquoi importer de l’extérieur ce que la CEMAC peut produire ensemble ? REVOIR NOTRE RAPPORT AVEC L’EXTÉRIEUR La coopération ne doit pas être rejetée, mais renégociée sur la base de l’intérêt mutuel. La CEMAC ne doit plus être seulement un espace d’extraction, de consommation et d’influence. Elle doit devenir un espace de production, d’innovation et de décision. Il faut changer de culture politique. Le patriotisme, ce n’est pas seulement chanter l’hymne ou brandir le drapeau. C’est construire des institutions efficaces, protéger les ressources publiques et produire des politiques qui changent la vie des gens. La CEMAC n’est pas pauvre parce qu’elle manque de ressources. Elle est pauvre parce qu’elle transforme encore insuffisamment ses ressources en développement. Le défi n’est plus de savoir qui possède nos ressources, mais qui décide de leur utilisation, comment elles sont transformées et au profit de qui.
Mis à jour 24 août
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