Ces jeunes Camerounais qui veulent accélérer le changement
Longtemps silencieuse ou mise à l’écart, une partie de la jeunesse camerounaise décide aujourd’hui de reprendre sa voix. Face aux défis politiques et sociaux, elle se structure, s’éduque et se mobilise pour construire une alternative.
dw.comjeudi 11 juin 2026 à 09:303 vues

Ces jeunes Camerounais qui veulent accélérer le changement To view this video please enable JavaScript, and consider upgrading to a web browser that supports HTML5 video À Yaoundé, une trentaine de jeunes se retrouvent régulièrement après des sessions de sport. D’horizons politiques variés, ils partagent une ambition commune : faire évoluer le Camerounet ne plus rester en retrait des décisions qui les concernent. Une génération en rupture avec le statu quo Portés par des mouvements comme "1000 jeunes pour le Changement" ou encore"The Okwelians", fondé en 2020, ces jeunes refusent désormais le silence. Activisme, engagement citoyen, création artistique ou encore usage stratégique des réseaux sociaux : les formes d’expression se multiplient. Pour certains, le constat est sans appel. "Il n'y a plus de Cameroun, il faut reconstruire un nouveau Cameroun avec de nouvelles idéologies", affirme Jean David Blot, artiste plasticien et membre de The Okwelians. Une vision radicale qui traduit un profond désenchantement mais aussi une volonté de rupture. Du côté du collectif "1000 jeunes pour le Changement", le discours est tout aussi clair. "Nous avons décidé simplement d’être vivants", souligne Ernesto Yene, dénonçant une classe dirigeante vieillissante et déconnectée. Pour ces jeunes, chaque génération doit prendre ses responsabilités et agir. S’organiser et se former pour peser politiquement Au-delà des discours, ces initiatives misent sur la structuration et l’éducation pour préparer l’avenir. Anticiper les prochaines échéances électorales devient une priorité. Cela passe notamment par la formation juridique et politique des citoyens. "On éduque pour prévenir et anticiper", explique Arnaud Manga, membre du mouvement. L’objectif : éviter les erreurs administratives et mieux comprendre les mécanismes institutionnels afin de participer pleinement au jeu démocratique. Cette approche se retrouve également chez The Okwelians, dont le nom signifie "apprendre" en duala. L’organisation met l’accent sur la formation d’une nouvelle génération de leaders. "Il est essentiel que nous formions des leaders visionnaires", insiste Doris Ngum, qui prône une démarche de terrain, notamment dans les écoles. Plus diverse, plus organisée et plus créative, cette jeunesse camerounaise refuse désormais d’être spectatrice. À l’approche des prochaines échéances électorales, elle s’affirme comme un acteur-clé du changement, déterminé à ne plus laisser d’autres décider à sa place.
Mis à jour 11 juin