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Chef Baloum inculpé : les chefs traditionnels ne sont pas au-dessus des lois

Deux jeunes gens meurent à Baloum, dans le département de la Menoua, région de l’Ouest. Leurs familles crient à l’assassinat. Le chef traditionnel de la localité, Noussi Pokam Charly Constant, se retrouve au centre d’une procédure judiciaire qui fait déjà trembler les chefferies camerounaises. Pa...

237onlinePar Alain-Claude Ndommercredi 24 juin 2026 à 21:59
Chef Baloum inculpé : les chefs traditionnels ne sont pas au-dessus des lois
Deux jeunes gens meurent à Baloum, dans le département de la Menoua, région de l’Ouest. Leurs familles crient à l’assassinat. Le chef traditionnel de la localité, Noussi Pokam Charly Constant, se retrouve au centre d’une procédure judiciaire qui fait déjà trembler les chefferies camerounaises. Parce que cette fois, franchement, personne ne peut prétendre que le rang protège de tout. Une affaire qui remet la chefferie face à ses responsabilités Les faits sont graves. Selon la plainte de la famille de l’une des victimes, Sijamo Deffo Steve Achille, signalée le 10 juin 2026 par le chef du district de santé de Penka-Michel, le chef de Baloum fait l’objet d’une procédure administrative de 15 jours à la Prison centrale de Bafoussam. La décision émane du gouverneur de la région de l’Ouest, en réponse à des accusations d’assassinat, séquestration, torture, non-assistance à personne en danger, destruction de preuves, outrage à cadavre et association de malfaiteurs. Deux jeunes gens arrachés à la vie. Un « procès » expéditif organisé par le groupement, selon les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Et une communauté qui attend que la justice fasse ce que la chefferie n’a visiblement pas su faire : protéger ses membres, pas les condamner à mort sans jugement. Des précédents qui parlent d’eux-mêmes Le chef Baloum n’est pas le premier chef traditionnel à se retrouver devant la justice camerounaise. Et les précédents n’invitent pas à l’optimisme, si sa culpabilité venait à être établie. On se souvient du cas du chef Doh Gahwanyim III, de Balikumbat, dans le département du Ngoketunja, région du Nord-Ouest. Condamné à 15 ans de prison ferme le 12 avril 2006 par le Tribunal de grande instance de Ngoketunja pour son implication dans l’assassinat d’un responsable du Social Democratic Front. Quinze ans. Chef traditionnel ou pas. Plus près, en 2019, des chefs traditionnels de l’arrondissement de Lobo dans le département de la Lékié ont été interpellés et écroués à la Prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Poursuivis par le Tribunal criminel spécial pour détournement de fonds d’indemnisation liés au tracé de l’autoroute Douala-Yaoundé. Ils ont découvert la barre du TCS en tenue d’apparat. Pourtant, certains semblent encore croire que le titre de Majesté, de roi ou de sultan constitue une forme d’immunité. Il n’en est rien. Le décret du 15 juillet 1977 sur l’organisation des chefferies traditionnelles est explicite : les chefs sont des auxiliaires de l’administration, pas des souverains absolus. Si la culpabilité du chef Baloum est prouvée, les tribunaux camerounais ont déjà montré qu’ils ne reculent pas. Les précédents existent. Ils sont documentés. Et ils sont sans appel. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 24 juin
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