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Clément Atangana : même dans la mort, l’abbé Bakaba ne lui fait aucun cadeau et l’assume

L’abbé Étienne Bakaba n’entend pas revenir sur ses déclarations concernant Clément Atangana. Alors que ses prises de position sur la mémoire de l’ancien président du Conseil constitutionnel suscitent des réactions, l’homme d’Église assume pleinement l’emploi du terme « irrecevable », devenu, selo...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZlundi 19 octobre 2026 à 10:38
Clément Atangana : même dans la mort, l’abbé Bakaba ne lui fait aucun cadeau et l’assume
L’abbé Étienne Bakaba n’entend pas revenir sur ses déclarations concernant Clément Atangana. Alors que ses prises de position sur la mémoire de l’ancien président du Conseil constitutionnel suscitent des réactions, l’homme d’Église assume pleinement l’emploi du terme « irrecevable », devenu, selon lui, indissociable du passage du défunt magistrat à la tête de cette institution. Sur le plateau de En toute franchise, diffusée dimanche 18 octobre 2026 sur Dash Media, le religieux a expliqué pourquoi il refusait d’effacer ce mot du bilan de Clément Atangana. « Maintenant, quant à “irrecevable”, je n’ai pas inventé le mot, il existe dans le dictionnaire. Quelqu’un l’a utilisé à un moment donné, et son utilisation a créé ce que nous connaissons tous au Cameroun. Je suis désolé, mais ce mot va l’accompagner. Il devient inséparable de son magistère », a-t-il déclaré. Une référence aux décisions d’irrecevabilité qui ont marqué les contentieux électoraux examinés sous la présidence de Clément Atangana au Conseil constitutionnel. Dans l’opinion publique, ce terme a fini par symboliser, pour certains critiques, la manière dont l’institution traitait les recours introduits à l’occasion des élections. « Si je meurs et que je suis un bandit, qu’on me dise que je suis un bandit » L’abbé Étienne Bakaba reconnaît pourtant les qualités professionnelles de l’ancien haut magistrat. Mais il considère que celles-ci ne doivent pas conduire à passer sous silence les aspects contestés de son action publique. « Oui, il a été un brillant magistrat et tout ce qu’on connaît, mais, dans ces dernières années d’exercice, ce mot est resté là. Je l’ai utilisé », a-t-il insisté. Pour le prêtre, la retenue traditionnellement observée après un décès ne saurait imposer le silence sur le parcours d’une personnalité publique. Il défend une conception de la mémoire dans laquelle les actes accomplis de son vivant continuent d’engager la responsabilité de chacun. « La retenue, c’est de se dire qu’on ne doit pas me rappeler que j’étais un bandit, que je suis un bandit. Non, non, non ! Si je meurs et que je suis un bandit, qu’on me dise que je suis un bandit. Ça ne me choquerait pas », a-t-il lancé. Cette comparaison, formulée à titre personnel, ne constitue pas une accusation pénale établie contre Clément Atangana. Elle illustre la position du religieux, qui estime qu’un décès ne doit pas conduire à réécrire le bilan d’une personne. L’abbé Bakaba a également replacé son raisonnement dans le cadre de la prédication chrétienne. Selon lui, un sermon prononcé à l’occasion des obsèques doit certes évoquer le défunt, mais surtout interpeller les vivants sur leurs propres responsabilités. « Quand on va dans un deuil pour prêcher, on s’adresse au mort qui est là, parce qu’il est parti. On s’adresse à nous, les vivants », a-t-il expliqué. Il a conclu en reprenant le terme au cœur de la controverse, cette fois dans une perspective spirituelle : « Au lieu de s’apitoyer sur le cas de celui qui est parti, je demande à nous, les vivants, de faire ce qu’il convient, de peur qu’arrivés devant le Seigneur, nous soyons peut-être déclarés irrecevables parce que nous n’aurons pas revêtu notre robe de noces. » Décédé le 4 octobre 2026, Clément Atangana avait présidé le Conseil constitutionnel depuis sa mise en place effective en 2018. Son passage à la tête de cette institution reste associé aux contentieux électoraux et aux décisions rendues lors des scrutins présidentiels de 2018 et 2025. En maintenant ses propos, l’abbé Étienne Bakaba prolonge ainsi un débat sensible au Cameroun : celui de la frontière entre le respect dû aux morts et le droit de discuter publiquement de l’héritage laissé par les détenteurs du pouvoir.
Mis à jour 19 oct.
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