CONGELCAM et le chantage à la pénurie : l’État tient bon
Des marchés vides de poisson fin novembre 2026 si l’État ne cède pas ? Joseph Flavien Kankeu, responsable de la communication de CONGELCAM S.A., a lancé l’avertissement le 15 octobre. Le MINEPIA a pourtant réduit le quota de l’entreprise de moitié, et ne semble pas pressé de reculer. Franchement,...
237onlinePar Laurent Dibysamedi 17 octobre 2026 à 13:411 vues

Des marchés vides de poisson fin novembre 2026 si l’État ne cède pas ? Joseph Flavien Kankeu, responsable de la communication de CONGELCAM S.A., a lancé l’avertissement le 15 octobre. Le MINEPIA a pourtant réduit le quota de l’entreprise de moitié, et ne semble pas pressé de reculer. Franchement, brandir une pénurie pour obtenir 100 000 tonnes de plus, ça ressemble à une pression, pas à une alerte. Un quota réduit, une politique assumée Le quota de CONGELCAM est passé de 200 000 tonnes en 2025 à 100 000 tonnes en 2026. La décision s’inscrit dans la politique d’import-substitution du gouvernement : freiner la sortie de devises, que les défenseurs de cette ligne chiffrent à plus de 150 milliards FCFA par an, et redonner de l’espace à la production nationale. C’est un choix de souveraineté. Un choix qui coûte à un importateur, forcément. L’entreprise affirme avoir épuisé ses stocks en sept mois et n’avoir reçu que 30 000 tonnes sur les 100 000 demandées en septembre. Ces chiffres viennent d’elle seule. Le MINEPIA n’a pas communiqué de contre-version détaillée, et rien ne permet de vérifier qu’une rupture est réellement prévisible. On attendait mieux d’une entreprise de cette taille qu’une menace publique. Producteurs locaux et concurrence : le vrai enjeu Le Cameroun dispose de 400 km de côtes et d’un potentiel aquacole estimé à 500 000 tonnes par an, exploité à moins de 10 %. Les pisciculteurs et pêcheurs artisanaux dénoncent depuis longtemps la pression des volumes importés sur leurs prix. Moins d’importations, c’est une chance pour eux de vendre. Reste la question de la concentration du marché. CONGELCAM met en avant 34 opérateurs agréés. Mais un agrément n’est pas un volume réel, et l’entreprise disposerait, selon ses détracteurs, de 104 000 tonnes de capacité de stockage à Douala. Ça pose question, d’autant que le cumul des fonctions de grossiste importateur et de détaillant est encadré par la loi de 2015 sur l’activité commerciale. Si ce cumul était avéré, il pèserait sur les bayam-sellam. C’est au MINCOMMERCE de le vérifier. Des associations de consommateurs, dont la FOCACO, parlent d’une rente menacée. Beaucoup de Camerounais n’en pensent pas moins. La rallonge sera-t-elle refusée jusqu’au bout ? Réponse attendue d’ici fin novembre, sur les étals de Douala, Yaoundé et de Bafoussam. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 17 oct.