Conseil constitutionnel : Paul Mahel tire une leçon amère du remplacement de Clément Atangana
Il y a quelques mois, Clément Atangana célébrait, entouré de ses proches, la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2025. Une vidéo de ces réjouissances avait largement circulé sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, l’ancien président du Conseil constitutionnel n’est plus, et s...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZsamedi 17 octobre 2026 à 17:351 vues

Il y a quelques mois, Clément Atangana célébrait, entouré de ses proches, la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2025. Une vidéo de ces réjouissances avait largement circulé sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, l’ancien président du Conseil constitutionnel n’est plus, et son fauteuil a déjà un nouvel occupant. Ce contraste a particulièrement interpellé Paul Mahel. Dans une publication intitulée « Pour qui sonne le glas… », diffusée ce samedi 17 octobre sur Facebook, le journaliste revient sur la nomination de Rémy Nama, intervenue la veille par décret présidentiel. Il met en parallèle deux scènes : d’un côté, les célébrations au domicile du nouveau président du Conseil constitutionnel ; de l’autre, une famille endeuillée qui prépare encore les obsèques de Clément Atangana. Pour Paul Mahel, cette succession rapide rappelle une réalité que les détenteurs de hautes fonctions ont parfois tendance à oublier : le pouvoir ne dure pas éternellement et personne n’est irremplaçable. « Un simple décret suffit pour nous faire basculer du sommet du pouvoir aux archives de l’Histoire » Le journaliste tire trois enseignements de cet épisode : le caractère éphémère des fonctions, la nécessité de rester humble et l’importance de l’héritage laissé après son passage aux responsabilités. « Nul n’est éternel, et nul n’est indispensable. Un simple décret suffit pour nous faire basculer du sommet du pouvoir aux archives de l’Histoire », écrit-il, invitant les responsables publics à ne pas céder à ce qu’il appelle « l’ivresse des grandeurs ». Sa réflexion dépasse le cas de Clément Atangana. Elle s’adresse à tous ceux qui exercent une autorité, particulièrement à ceux qui finissent par confondre les privilèges attachés à leur fonction avec une forme de pouvoir personnel. Paul Mahel s’interroge surtout sur le souvenir que laisse un responsable après son départ. « Que dira-t-on de nous lorsque nous ne serons plus là ? Nos proches porteront-ils notre nom avec fierté, ou les quolibets viendront-ils étouffer leurs pleurs ? », demande-t-il. Une interrogation qui prend une résonance particulière au regard du parcours de Clément Atangana, dont les décisions à la tête du Conseil constitutionnel ont régulièrement suscité des controverses, notamment lors des contentieux présidentiels de 2018 et de 2025. Sans se prononcer directement sur le choix de Rémy Nama, Paul Mahel insiste sur la responsabilité morale qui accompagne l’exercice de l’autorité. À ses yeux, les honneurs et les privilèges ne sauraient constituer l’essentiel d’un héritage. « Le pouvoir n’est jamais une propriété privée ; c’est un bail à durée déterminée dont l’échéance arrive toujours plus tôt qu’on ne l’imagine », résume-t-il. Le journaliste termine sa publication par une exhortation adressée aux dirigeants encore en fonction : « N’oubliez pas d’être grands par le cœur avant de chercher à l’être par le rang. » Une manière de rappeler, au lendemain d’une nomination très commentée, que la véritable mesure d’un responsable public ne se trouve pas seulement dans les fonctions qu’il a occupées, mais aussi dans la manière dont il a traité ses semblables.
Mis à jour 17 oct.