Convention du MRC : après les tensions, les recours et l’élection, le dernier mot revient-il au Minat ?
Il y a encore quelques jours, la tenue de la convention élective du MRC relevait presque du pari. Entre les recours engagés par certains militants, les désaccords sur la succession de Maurice Kamto et les affrontements entre candidats, les obstacles s’étaient accumulés sur le chemin du rendez-vou...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZdimanche 18 octobre 2026 à 19:251 vues

Il y a encore quelques jours, la tenue de la convention élective du MRC relevait presque du pari. Entre les recours engagés par certains militants, les désaccords sur la succession de Maurice Kamto et les affrontements entre candidats, les obstacles s’étaient accumulés sur le chemin du rendez-vous du 17 octobre. Une convention organisée malgré les contestations Après le vote, l’incertitude administrative Pourtant, samedi, les délégués ont pu se réunir au siège du parti à Odza, dans l’arrondissement de Yaoundé IV. La rencontre s’est déroulée sous la surveillance des éléments de la gendarmerie, sans incident majeur signalé dans les éléments disponibles. À son terme, Tiriane Balbine Noah a été élue présidente nationale avec 96,89 % des suffrages exprimés. Une convention organisée malgré les contestations La crise avait pris une nouvelle dimension après la démission de Maurice Kamto, le 8 septembre 2026. Son retour à la présidence du MRC, auparavant contesté par d’anciens militants, avait déjà suscité des interrogations sur la régularité des procédures internes. Ces contestations avaient trouvé un écho auprès du ministère de l’Administration territoriale, dirigé par Paul Atanga Nji, qui avait remis en cause la régularité du retour de Maurice Kamto à la tête du parti. L’ouverture de sa succession n’a pas apaisé les tensions. Willy Mengue, contestant notamment les conditions de son exclusion et l’organisation de la convention, a saisi le sous-préfet de Yaoundé IV avant de porter ses griefs devant le tribunal administratif du Centre. Il demandait l’annulation de la rencontre. De son côté, Joseph Thierry Okala Ebodé, présenté comme membre fondateur du MRC, a multiplié les prises de position critiques. Il réclamait notamment un audit de la gestion du parti sur quatorze années et soulevait des questions sur la régularité des décisions ayant entouré le retour, puis la démission de Maurice Kamto. Ces démarches ont entretenu l’incertitude jusqu’aux derniers jours précédant la convention. Elles n’ont toutefois pas empêché son déroulement. Aucune décision de justice suspendant ou annulant la rencontre n’a été portée à notre connaissance. La campagne électorale elle-même a été particulièrement agitée. Les camps de Tiriane Noah et de Pierre Emmanuel Binyam se sont affrontés à coups de déclarations publiques, de critiques sur leurs programmes respectifs et d’accusations parfois personnelles. Le 15 octobre, Pierre Emmanuel Binyam a finalement annoncé son retrait. Le challenger de Tiriane Noah a estimé que les conditions d’une compétition équitable n’étaient plus réunies. Son désistement, notifié hors délai à la commission électorale, n’a pas empêché son nom de figurer au scrutin. Après le vote, l’incertitude administrative La convention a donc eu lieu, et Tiriane Noah en est sortie avec un score écrasant. La nouvelle présidente, première femme à diriger le MRC, a immédiatement annoncé la couleur : « Je ne serai pas la Présidente de la rupture. Mais de la continuité. » Mais si le vote a permis de désigner une nouvelle direction, il ne met pas nécessairement un terme aux différends qui ont précédé la rencontre. L’attention se tourne désormais vers le Minat, appelé à prendre acte, dans le cadre de ses compétences, des changements intervenus à la tête du parti. Le précédent de Maurice Kamto nourrit les interrogations. Son retour à la présidence avait été acté au sein du mouvement avant d’être contesté par l’administration territoriale. Pour certains observateurs, cet épisode démontre qu’une décision prise conformément aux procédures revendiquées par un parti peut ensuite faire l’objet d’une contestation administrative. Il convient néanmoins de distinguer les différentes étapes. L’obtention du récépissé administratif permettant la tenue d’une réunion politique ne vaut pas nécessairement validation de toutes les décisions qui y sont prises. À ce stade, aucun élément fourni ne permet d’affirmer que le ministère refusera de prendre acte de l’élection de Tiriane Noah. Rien ne permet non plus de considérer les recours engagés avant la convention comme définitivement réglés. Si le MRC a bien entamé une nouvelle ère post-Kamto, il lui reste désormais à consolider juridiquement et politiquement cette succession.
Mis à jour 18 oct.