Coopération coréenne : l’appel d’offres KOICA qui interroge
137 214 dollars, c’est le budget total annoncé par la KOICA pour superviser la construction d’un système d’urgences médicales au Cameroun. Un appel d’offres publié le 24 août dernier, ouvert aux bidders locaux et étrangers, mais dont plusieurs clauses méritent qu’on s’y attarde. Le montant fait s...
237onlinePar Laurent Dibymardi 25 août 2026 à 09:331 vues

137 214 dollars, c’est le budget total annoncé par la KOICA pour superviser la construction d’un système d’urgences médicales au Cameroun. Un appel d’offres publié le 24 août dernier, ouvert aux bidders locaux et étrangers, mais dont plusieurs clauses méritent qu’on s’y attarde. Le montant fait sourire dans les rédactions, quand on connaît le coût réel d’un projet de supervision de chantier hospitalier de cette ampleur. Un budget et une durée qui interpellent Le contrat porte sur 800 jours, dont 730 jours de travaux de construction proprement dits. Soit plus de deux ans de supervision, de suivi qualité, de gestion des paiements et de commissioning final. Pour un budget de 137 214 dollars, environ 82 millions de FCFA, sur une durée pareille. Le calcul est vite fait : ça représente moins de 103 000 FCFA par jour pour couvrir supervision technique, contrôle environnemental, gestion des plaintes du public et vérification des normes de construction hospitalière. La langue de travail imposée est l’anglais, alors que le Cameroun reste officiellement bilingue et que ce projet touche des zones majoritairement francophones. Personne ne s’y est vraiment opposé publiquement pour l’instant, mais le choix ne passe pas inaperçu. Le processus de sélection se fait « by negotiation », une formule qui laisse une marge d’appréciation considérable à l’agence coréenne. Aucune précision n’est donnée sur les critères qui départageront les candidatures locales des candidatures étrangères. Une coopération qui pose question Le truc c’est que ce genre de montage, où l’agence donatrice fixe le budget, la langue, la devise et les conditions de sélection, laisse peu de place à une réelle appropriation locale du projet. Les bureaux d’études camerounais doivent justifier d’une catégorie C ou supérieure selon les textes du MINMAP, une exigence légitime sur le papier. Mais dans les faits, combien de cabinets nationaux peuvent réellement concurrencer des groupes internationaux habitués à ce type de procédure, rédigée entièrement en anglais et calée sur des standards étrangers ? Difficile de ne pas y voir une forme de coopération où le pays hôte reste largement spectateur de son propre projet. Le Cameroun accueille l’infrastructure, en paiera l’entretien, mais n’a que peu de prise sur qui la construira ni sur les termes financiers du montage. Le montant du budget fait mal quand on le compare à l’ambition affichée du projet. Un système national d’urgences médicales, ça ne se bâtit pas avec l’équivalent d’un budget municipal moyen étalé sur deux ans. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 25 août