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Crise anglophone : convoqué à la barre en Norvège, Ayaba Cho Lucas risque 30 ans de prison pour crimes de guerre et terrorisme

La justice norvégienne se prépare à juger l’une des figures du mouvement séparatiste anglophone camerounais. Ayaba Cho Lucas, installé depuis plusieurs années en Norvège, est soupçonné d’avoir dirigé à distance des groupes armés impliqués dans les violences qui secouent les régions du Nord-Ouest ...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZjeudi 5 novembre 2026 à 10:40
Crise anglophone : convoqué à la barre en Norvège, Ayaba Cho Lucas risque 30 ans de prison pour crimes de guerre et terrorisme
La justice norvégienne se prépare à juger l’une des figures du mouvement séparatiste anglophone camerounais. Ayaba Cho Lucas, installé depuis plusieurs années en Norvège, est soupçonné d’avoir dirigé à distance des groupes armés impliqués dans les violences qui secouent les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Selon le quotidien norvégien VG, qui a rapporté l’information mercredi 4 novembre, le procureur Carl Fredrik Fari a confirmé les poursuites engagées contre le dirigeant séparatiste. Le ministère public lui reproche une complicité présumée dans des crimes de guerre et des actes terroristes en lien avec les activités des groupes armés opérant sur le territoire camerounais. Pour étayer son dossier, l’accusation s’appuierait notamment sur des conversations WhatsApp et d’autres éléments numériques récupérés dans les appareils électroniques du suspect. Ces échanges figureraient parmi les pièces utilisées par les enquêteurs pour établir son rôle présumé dans l’organisation et la conduite des opérations armées. Un autre chef d’accusation, relatif aux crimes contre l’humanité, a toutefois été abandonné par le parquet, qui estime ne pas disposer de preuves suffisantes pour le retenir. Un procès attendu jusqu’en mars 2027 Interpellé à Oslo le 24 septembre 2024, Ayaba Cho Lucas demeure en détention provisoire. D’après l’agence de presse norvégienne NTB, il encourt une peine pouvant atteindre 30 ans de prison s’il est reconnu coupable. Son procès doit s’ouvrir le 24 novembre devant le tribunal de district d’Oslo. Les audiences devraient s’étendre sur plusieurs mois, avec une clôture annoncée pour le 19 mars 2027. Ayaba Cho Lucas conteste les accusations portées contre lui. Son avocat défend une lecture différente des activités de son client, qu’il inscrit dans la lutte pour l’autodétermination des régions anglophones du Cameroun. Cette procédure judiciaire intervient alors que le conflit anglophone continue de peser lourdement sur les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Né de revendications corporatistes en 2016, le mouvement de contestation a progressivement évolué vers une confrontation armée opposant les forces de défense camerounaises à plusieurs groupes séparatistes. Depuis près de dix ans, les violences ont provoqué des pertes humaines, des déplacements massifs de populations et de profondes perturbations dans les activités économiques, scolaires et sociales. Les différentes initiatives de dialogue engagées au fil des années n’ont pas permis de parvenir à un règlement durable. Avec l’ouverture annoncée du procès d’Ayaba Cho Lucas à Oslo, une partie des violences liées à cette crise sera désormais examinée devant une juridiction européenne, loin des régions camerounaises où le conflit se poursuit.
Mis à jour Il y a 1h