Décès de Joseph Yebga Maya, pionnier des Lions et buteur de l’OM
Joseph Yebga Maya s’est éteint à 82 ans, des suites d’une maladie, le 4 octobre dernier. Formé au Dragon Club de Yaoundé, l’avant-centre a inscrit plus de cent buts pour l’Olympique de Marseille, qu’il a aidé à remonter en première division avant de remporter avec lui la Coupe de France 1969. Ave...
Camfoot.com - la Référence du football camerounais — feedPar Ekene Nguengmercredi 7 octobre 2026 à 05:271 vues

Joseph Yebga Maya s’est éteint à 82 ans, des suites d’une maladie, le 4 octobre dernier. Formé au Dragon Club de Yaoundé, l’avant-centre a inscrit plus de cent buts pour l’Olympique de Marseille, qu’il a aidé à remonter en première division avant de remporter avec lui la Coupe de France 1969. Avec le Cameroun, il a terminé troisième de la CAN 1972, disputée à domicile. Qui se souvient de Joseph Yebga Maya Né le 8 avril 1944 à Otélé, près de Yaoundé, Joseph Yebga Maya fait partie de la première génération de footballeurs camerounais à s’imposer durablement en Europe, bien avant Roger Milla, Thomas Nkono, Joseph-Antoine Bell, Geremi Njitap, ou encore Samuel Eto’o. Fils d’un mécanicien des chemins de fer, muté au gré des affectations, il commence au Dragon Club de Yaoundé, alors en première division. Il arrive à Marseille en 1960 et joue d’abord en amateur au Gallia Chutes-Lavie, un club de quartier. C’’est un quadruplé inscrit contre la réserve de l’OM qui attire l’attention du club phocéen. Lireaussi Joseph Yebga Maya, le colosse au coeur tendre Les légendes du football camerounais : Joseph Yebga Maya Les légendes du football camerounais : Joseph Yebga Maya Un pionnier camerounais en Europe Le buteur de la remontée Quand il signe en 1962, l’OM évolue en deuxième division. L’attaquant d’1,82 m est d’abord critiqué pour son manque de précision. Les supporters, qui peinent à prononcer son nom, l’appellent simplement « Joseph », parfois « Zé ». Il devient l’homme de la remontée de 1966. Lors du dernier match de la saison, au stade de l’Huveaune, l’OM (46 points) reçoit Bastia (45 points) et doit gagner pour monter. Comme nous l’indiquions dans un article en 2007, c’est Joseph qui, « au prix d’un effort extraordinaire en puissance et en engagement », marque le but de la victoire. Puissant, redoutable de la tête et dans l’anticipation, il signe ses saisons les plus prolifiques à la fin de la décennie : 21 buts en 1968-1969, puis 24 en 1969-1970. Le sacre de Colombes et un record toujours debout En 1969, au stade de Colombes, l’OM bat Bordeaux (2-0) en finale de la Coupe de France. Yebga Maya marque l’un des buts et dévie également dans les filets une frappe de Jacques Novi. En mars 1970, face au Red Star, il inscrit cinq buts en une seule mi-temps, une performance que plusieurs médias présentent encore comme un record de l’élite française. Il quitte Marseille en 1970 avec 111 buts en 202 matchs, ce qui le place au 7e rang des meilleurs buteurs de l’histoire du club. Comme la plupart des autres vedettes africains, il subira aussi des insultes racistes après la finale de 1969. Son ancien coéquipier Josip Skoblar lui rendait hommage en ces termes : « Les grands joueurs ne sont pas forcément les plus médiatisés. Joseph en faisait partie. C’était un tout grand ! » Son départ vers l’US Valenciennes-Anzin s’est fait dans le cadre d’un échange avec Daniel Leclercq. Dans le Nord, il reste efficace : 63 buts en 104 matchs entre 1970 et 1973. En 1973, le journal L’Âge éducatif voit en lui « l’attaquant le plus puissant et le plus percutant du championnat ». Il passe ensuite au RC Strasbourg (1973-1975), puis à l’AS Béziers. Blessé au genou à la mi-saison, il met un terme à sa carrière fin 1976. Les Lions Indomptables, un parcours contrarié Joseph Yebga Maya compte 25 sélections avec le Cameroun, entre 1964 et 1974. Africa Soccer lui attribue 10 buts. Son parcours en sélection a pourtant été freiné par son statut de professionnel en Europe. Pour la CAN 1970, l’OM réclame une forte indemnité pour le libérer, et la fédération renonce. JOSEPH YEBGA MAYA, LE COLOSSE AU COEUR TENDRE Il dispute en revanche la CAN 1972 à domicile, comme l’un des rares professionnels du groupe. Le Cameroun est battu en demi-finale par le Congo, puis termine troisième. Selon Camfoot, l’attaquant est ensuite accusé de trahison et prend ses distances avec la sélection, avant sa refondation en 1973. Son frère cadet a lui aussi porté le maillot de l’équipe nationale. Martin Maya est alors sélectionné dans l’équipe du Cameroun pour la [Coupe du monde 1982. En pleine préparation avec son équipe, il est victime d’une grave blessure qui l’écartera des terrains pendant plus d’un an. Doublé à la blessure de Manga Onguéné, une légende urbaine insinue que ce n’était pas des blessures simples, mais concoctées ailleurs. Joseph Yebga Maya fait partie des tout premiers Camerounais à avoir laissé une trace durable dans un grand club français. À Marseille, son nom reste lié à la remontée de 1966 et à la Coupe de France 1969. Au Cameroun, il reste l’un des précurseurs d’une tradition d’attaquants partis s’imposer en Europe, qui fait encore la réputation des Lions Indomptables.
Mis à jour 7 oct.